La Roumanie prend la présidence de l’Union européenne . Sergiu Miscoiu, professeur des universités à la faculté d'études Européennes de Cluj (Roumanie), est l'invité de Laetitia Gayet.

Les bâtiments du gouvernement roumain à Bucarest avec les drapeaux roumain et européen
Les bâtiments du gouvernement roumain à Bucarest avec les drapeaux roumain et européen © AFP / .

La Roumanie a pris mardi la tête d'une Union européenne secouée par le Brexit et la montée des eurosceptiques, faisant craindre une présidence agitée alors que la majorité de gauche au pouvoir dans ce pays a multiplié les diatribes contre Bruxelles. 

A sa tête Klaus Iohannis, chef de file du centre-droit, et Liviu Dragnea, homme fort de la gauche au pouvoir en Roumanie, s'opposent depuis deux ans sur la quasi totalité des sujets. Les relations entre Bruxelles et Bucarest se sont détériorées ces derniers mois au sujet des réformes controversées du système judiciaire initiées par le Parti social-démocrate (PSD) au pouvoir. Emboîtant le pas au dirigeant hongrois Viktor Orban, le patron du PSD Liviu Dragnea, considéré comme l'homme fort du pays, a multiplié les attaques contre la Commission, qualifiant celle-ci d'"inique" après qu'elle a demandé l'abandon de ces réformes, accusées de saper la lutte contre la corruption.

Sergiu Miscoiu, professeur des universités à la faculté d'études Européennes de Cluj :

"Cette présidence aurait pu être un moment important car les Roumains sont très europhiles. Mais le climat politique est délétère, et cela donne de mauvais indices sur la stabilité de cette présidence. Depuis 2003 la Roumanie est un très bon élève de l'Union européenne, mais la vague de populisme en Europe centrale a affecté aussi la Roumanie. La majorité gouvernementale actuelle a pris des distances avec Bruxelles, notamment en ce qui concerne les réformes en matière de justice. Cette attitude est la moins europhile de tous les gouvernements roumains depuis la fin des années 90. En Roumanie le président reste pro européen mais il cohabite avec un gouvernement qui est un allié de Dragnea qui est lui-même visé par des poursuites pour corruption. Toutes les pro européens espèrent que la majorité gouvernementale finira par se plier à la ligne européenne. Cela ne fait pas honneur à notre pays. Nous sommes dans une période de recul démocratique, qui affecte tous les pays d'Europe centrale et orientale".

Le gouvernement PSD a commencé à faire pression sur les autorités judiciaires et anticorruption roumaines d'une manière qui rappelle ses homologues en Pologne et Hongrie, deux autres pays très critiques envers le fonctionnement de l'UE.

La Roumanie compte 20 millions habitants et 18 minorités. Les deux minorités les plus importantes sont les Hongrois (6,11% de la population, 1,23 million d'habitants), et les Roms, avec 621.000 membres officiellement, mais jusqu'à deux millions, selon leurs leaders.

Les invités
  • Sergiu MiscoiuProfesseur des universités à la faculté d’études européennes de Cluj (Roumanie)
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  • CHARLOTTE GAINSBOURG
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