Fabienne Lassalle, co-fondatrice de l'ONG SOS-Méditerranée, est l'invitée de Mathilde Munos à 6h20.

Opération de sauvetage à bord de l'Aquarius, le navire affrété par SOS Méditerrannée, en 2017
Opération de sauvetage à bord de l'Aquarius, le navire affrété par SOS Méditerrannée, en 2017 © Getty / Picture alliance

Après les images bouleversantes du corps échoué du petit réfugié syrien Aylan Kurdi, le 2 septembre 2015, sur une plage de Turquie, Fabienne Lassalle estime qu'il y a eu une prise de conscience, "la société s'est mobilisée mais le drame continue, des petits Aylan, il y en a d'autres".

"La Méditerranée centrale entre la Libye et l'Europe est la partie la plus meurtrière", affirme-t-elle en ajoutant que "les populations torturées en Libye prennent la mer dans des conditions complètement folles".

La co-fondatrice de l'ONG SOS-Méditerranée évoque 500 personnes qui auraient ainsi perdu la vie depuis janvier, mais "sans identifier tous ceux qui disparaissent sans laisser de traces": "Avec 39 000 arrivées en Europe cette année, on est loin des chiffres 2015, mais les traversées continuent, souvent mortelles".   

"Aujourd'hui, il reste 2 ou 3 bateaux en Méditerranée, mais beaucoup sont retenus par les autorités maritimes italiennes" dit Fabienne Lassalle qui explique que le seul stratagème trouvé pour empêcher les opérations de sauvetage, "c'est de saisir les bateaux sous n'importe quel motif".   

L'Europe ne prend pas sa part    

"L'Europe et ses états sont complètement sourds à ce drame pour être solidaires avec l'Italie" et l'Europe semble bien impuissante pour "se répartir la charge" selon Fabienne Lassalle : "On a eu quelques pays de bonne volonté depuis 2015 (comme l'Allemagne), qui a abouti à l'accord de Malte, devenu effectif fin 2019, mais cet accord a volé en éclat avec la crise sanitaire et n'a pas repris, l'Italie se retrouve largement seule pour faire face".

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