Le vaccin AstraZeneca a été autorisé en France et le vaccin russe Spoutnik V pourrait bientôt être autorisé en Europe. Jean-Claude Manuguerra, virologue responsable de la cellule d'intervention biologique d'urgence à l'Institut Pasteur, est l'invité du 6h20

Flacons de vaccins Pfizer-BioNTech, février 2021
Flacons de vaccins Pfizer-BioNTech, février 2021 © AFP / Christof STACHE

Le vaccin russe va-t-il être homologué en Europe ? Moscou en a fait la demande, l’Allemagne y est favorable, alors qu’une étude évalue son efficacité contre la Covid à plus de 91%. 

Des scientifiques ont trouvé une nouvelle mutation du coronavirus, un variant du variant britannique qui le rendrait assez semblable à la version détectée en Afrique du Sud. Faut-il s'en inquiéter? "Il est difficile de s'inquiéter à chaque mutation, même si le virus a l'air de chercher une voie pour échapper à notre système immunitaire. À surveiller comme le lait sur le feu, mais pas d'inquiétude à chaque fois. Une mutation peut entrainer le 'suicide' du virus, comme de nouvelles propriétés pour lui, ça dépend de l'environnement, ici c'est le corps humain avec son système de défense."

"La plupart des études ont été faites avant l'apparition des variants" donc pour l'instant, pour voir la réponse immunitaire,  on regarde l'effet sur les gens soit vaccinés soit déjà contaminé explique le spécialiste.  

Les Russes, forts en virologie

Sur le vaccin Spoutnik  : les premières données du vaccin russe (publiés dans The Lancet) démontrent une efficacité de 91,6% contre les formes symptomatiques, c'est à dire aussi satisfaisants que Moderna et Pfizer (résultats intermédiaires d’essais de phase III menés sur 20.000 personnes). La Russie a été le premier pays au monde à homologuer un vaccin : "Pour évaluer un vaccin, il faut se baser sur des données publiées ici tardivement, tant qu'elles n'étaient pas disponibles, il était difficile de se faire une idée. Il faut attendre les résultats". Et il concède : "Les Russes ont toujours été forts en virologie".

Sur les collaborations enclenchées par certains laboratoires, comme la combinaison envisagée de deux vaccins, Spoutnik et Astrazeneca : "Le vaccin russe a une particularité, il se base sur deux virus vecteurs l'adénovirus 26 et l'adénoavirus 25 : lors de la deuxième dose, on met un autre virus vecteur pour ne pas avoir d'interférence sur l'immunité de la première dose" explique le virologue. 

Les invités
  • Jean-Claude ManuguerraVirologue vétérinaire et directeur de la Cellule d’intervention biologique d’urgence de l’Institut Pasteur
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