Le Prix Zayed de la fraternité sera remis cette après-midi à Latifa Ibn Ziaten, mère d’Imad Ibn Ziaten, première victime de Mohammed Merah, et dirigeante de l’association "Imad, pour la jeunesse et pour la paix", qui oeuvre à la mise en place concrète du vivre-ensemble. Elle est l'invitée de Mathilde Munos.

Latifa Ibn Ziaten en 2018
Latifa Ibn Ziaten en 2018 © AFP / Ludovic Marin

Le prix de la Fraternité humaine, nouvelle récompense internationale créée l’an dernier, avait été décernée au pape François et au Grand imam de la mosquée d’Al Azhar, qui est une institution de l’Islam. Cette année, elle est attribué au patron de l’ONU, Antonio Guterres, et à une Française : Latifa Ibn Ziaten, pour saluer le combat mené depuis la mort de son fils, Imad, tué par le terroriste Mohamed Merah. Elle sillonne la France à la rencontre de jeunes pour les empêcher de tomber dans le piège de la radicalisation.

"J'ai été très émue, que le monde entier voit le travail que je fais depuis 8 ans sur le terrain, 4 conférences par jour, ce prix, c'est moi et ma famille, tous les gens qui me soutiennent, toute cette jeunesse que je défend aujourd'hui" réagit-elle : "Ils ont donné le bonheur à une femme blessée".

Ce prix est aussi récompensé par 1 million de dollar, à partager avec le patron de l'ONU : "Ça va m'avancer dans mon travail, mes projets avec des jeunes, de ne pas avoir ce poids qui bloque et empêche de faire les choses jusqu'au bout avec cette jeunesse".

"Briser les barrières que l'on a à l'intérieur"

Son travail : multiplier les interventions dans les écoles, dans les prisons, dans les foyers...y compris avec l’épidémie de Covid qui limite les déplacements et les interactions sociales : "Aujourd'hui je travaille beaucoup avec le téléphone, je parle avec les jeunes, les parents, pour remonter le moral, j'ai envie de faire aussi un local au Maroc, là où je fais chaque année un hommage à mon fils en mars. Cette crise sanitaire, il faut bouger, il faut vivre avec". 

Son discours a néanmoins évolué depuis la mort de son fils, face aux jeunes radicalisés: "Comme quand je travaille avec quelqu'un qui vient de Syrie, vous arrivez à comprendre comment il sont tombé là dedans".

"On a besoin d'aide, de créer de plusieurs antennes d'associations en France et dans le monde pour aller plus vite, pour ouvrir les jeunes, ouvrir les cités. Quand un jeune quitte la prison, il faut l'aider, briser les barrières  : celles qu'on a à l'intérieur, c'est celles-là qui sont plus compliquées". 

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