Dominique Joseph, secrétaire générale de la Fédération de la Mutualité Française, co-rapporteur de l'avis sur la crise sanitaire et inégalités de genre, est notre invitée de 6h20.

Et si les femmes étaient les grandes perdantes de la crise sanitaire ? Les inégalités se sont accrues depuis un an et notamment pendant les confinements qui font exploser leur charge mentale : c'est la conclusion du Conseil économique et social.

La répartition des tâches domestiques n’est pas équitable au sein des couples, mais elle ne l’est déjà pas en temps normal : Les femmes gèrent 72% des tâches éducatives et domestiques. 

"Sur l'aspect eco et social, il y a un paradoxe : malgré le fait d'être parmi les 'premières de cordées', elles ont été très peu visibles" : Le confinement a révélé que la gestion des tâches leur revient encore trop souvent, estime Dominique Joseph. Elle cite notamment l'école à la maison, qui a eu un impact avec le télétravail : "On voit encore trop l'impact du patriarcat sur le modèle de ce que doit être la femme. Le syndrome de la jeune fille/femme modèle persiste encore beaucoup trop". 

"Les métiers du CARE (du soin, ndlr), très sollicités pendant la crise, sont encore très féminisés, il y a encore un stéréotype à déconstruire". 

Les décisions de fermer l'école ont un impact immédiat : "Cela peut aller jusqu'à abandonner son entreprise. L'épidémie est un révélateur, amplificateur des inégalités hommes femmes" explique aussi la secrétaire générale de la Fédération de la Mutualité Française,  qui rappelle que selon le magazine Courrier International, "en un an , on a pris 167 ans de retard sur ces inégalités".  Par exemple, parmi les spécialistes invités dans les plateaux télé : peu de femmes : "Des chercheuses nous ont clairement indiqué que ce n'était pas leur priorités". 

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