La ministre du Travail, Élisabeth Borne, rappelle que le travail doit "au maximum" être fait à 100% à distance lorsque c'est possible, Patrick Martin, président délégué du MEDEF est notre invité de 6h20

Patrick Martin, vice-président du Medef
Patrick Martin, vice-président du Medef © AFP / STEPHANE DE SAKUTIN

Le Medef n'a-t-il pas assez appelé ses entreprises adhérentes à appliquer le télétravail ? "Nous ne faisons que ça, mais il y a un phénomène de lassitude et de distanciation qui s'est opéré au fil des semaines, de la part des salariés, autant et plus que de la part des entreprises, explique le vice-président du Medef Patrick Martin. Dès les annonces de vendredi soir, nous avons envoyé un signal à nos adhérents, mais pas sur ce mode très scolaire, très autoritaire, qui consiste à dire que si ça ne marche pas ce sera la faute des entreprises", ajoute-t-il. 

"Ca ne s'analyse pas en termes de fautes : on sait que beaucoup de salariés vivent mal le télétravail, que cela peut avoir des conséquences médicales, psychologiques, et au fil du temps la discipline qu'on s'était auto-imposée s'est un peu dissipée. Il est temps d'y revenir, parce qu'on n'est pas moins responsables que les autres", dit-il également. 

Mais que dire des 16% des salariés qui disent que leur employeur refuse le télétravail ? "Il y en a quand même 84% qui disent le contraire ! réfute Patrick Martin. C'est possible, mais je suis très affirmatif pour vous dire qu'au moins à 84% les entreprises jouent le jeu. Nous on s'occupe des 16% qui ne seraient pas au rendez-vous. Les chefs d'entreprise n'ont qu'un intérêt, que la santé du pays soit bonne". 

Alors que le télétravail est mis en place depuis près d'un an, qu'est-ce qui doit encore faire l'objet de négociations ? "Au fil du temps, là où il y avait un emballement, où tout le monde disait que le télétravail c'est la panacée, à l'expérience, une partie des salariés a considéré qu'être en télétravail systématique ne leur convenait pas (...). Mais l'essentiel n'est pas là : madame Borne n'a pas à brandir la baguette et menacer les entreprises. Nous sommes parfaitement conscients que la situation sanitaire est critique." 

"Là où c'est nécessaire, les entreprises vont se remettre à niveau très vite"

Comment réguler ce télétravail, assurer la déconnexion ou apporter un soutien psychologique aux salariés ? "Sur les conditions d'exercice, c'est très difficile à organiser. Le droit à la déconnexion existe, il est dans les textes, s'il n'est pas respecté il faut qu'il le soit. Mais réciproquement, on a un certain nombre de salariés qui pour des raisons d'organisation personnelle suspendent leur travail pendant la journée, et reprennent après le dîner. Que peut-on leur dire ? Qu'on doit contrôler les horaires chez eux ? C'est impossible et ce n'est pas souhaitable". 

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