Du nouveau du coté des pensions alimentaires : le dispositif réformé vise à réduire le nombre des impayés, et la CAF va servir d'intermédiaire pour les versements entre parents séparés : Katy Ngangue, secrétaire générale de la fédération des familles monoparentales est l'invitée de Mathilde Munos.

Désormais, la CAF va servir d’intermédiaire entre les deux parents séparés
Désormais, la CAF va servir d’intermédiaire entre les deux parents séparés © AFP / PHILIPPE HUGUEN

Premier déplacement de l’année pour Emmanuel Macron, qui se rend ce mardi à la Caisse d’allocations familiales de Tours, pour acter la réforme des pensions alimentaires, entrée en vigueur le 1 janvier. Ce sont désormais les CAF qui servent désormais d’intermédiaires entre les deux parents séparés, ce qui devrait permettre de réduire le nombre de pensions impayées par le second parent à celui qui a la garde du ou des enfants.
Pour Katy Ngangue, "C'est une réforme qui va permettre à de nombreuses familles en difficultés de recouvrir une certaine forme de justice, notamment pour les mères isolées. Ce sont souvent les mères qui sont victimes d'impayés, avec 30 à 40% de non-recours à la pension alimentaire". 

Une avancée mais des réserves 

La secrétaire générale de la fédération des familles monoparentales salue une avancée mais tempère : "Nous avons émis des réserves que le fait que ce soit la CAF qui tienne ce rôle de gendarmes : elle a quand même pour mission d'atténuer le niveau de vie des familles, il faudrait savoir si ce positionnement là ne va pas accentuer le conflit qui existe déjà entre les deux parents; est-ce que la caf est bien légitime pour cette action, d'autant qu'elle a du mal à tenir des délais courts pour ces dossiers ? Les impôts auraient pu être chargé de récupérer l'argent chez le père, pour nous ça a du sens".

Des recours autrefois trop compliqués

Les recours, avant, étaient assez peu utilisés par les familles : "Il fallait saisir un huissier de justice, la démarche pouvait être longue, il fallait que ce soit provisionné, ce pouvait être assez compliqué, donc cette mesure est une avancée, ça revient moins cher aux familles en difficulté. Très peu de familles faisaient cette démarches, 18 % des familles faisaient appel à ce système, recourir à ce droit là était assez difficile pour elles". 

"Parfois nous sommes confrontés à des papas qui n'ont pas la possibilité de régler la pension ou qui doivent choisir entre leur droit de visite et la pension alimentaire, il faut vraiment mettre l'action sur l'action globale, aider les familles à réduire les coûts dans ce cas de coparentalité".

Les invités
  • Katy Nguanguesecretaire générale de la fondation des familles monoparentales
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