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Paul François, l'agriculteur en lutte contre Monsanto
Paul François, l'agriculteur en lutte contre Monsanto © AFP / FRANCOIS GUILLOT

C'est aujourd'hui que s'ouvre le quatrième procès de l'agriculteur Paul François contre Monsanto devant la cour d'appel de Lyon. Le céréalier charentais se bat pour que la multinationale américaine soit reconnue responsable de son intoxication en 2004. 

Il avait été intoxiqué en avril 2004 après avoir inhalé des vapeurs de Lasso, un herbicide de Monsanto. Après plusieurs malaises, Paul François avait été longuement hospitalisé et frôlera même la mort. Il souffre toujours de graves troubles neurologiques.  Son mal reconnu comme maladie professionnelle, l'agriculteur s'est lancé dans un combat judiciaire contre Monsanto - filiale de l'allemand Bayer depuis 2018.

Paul François avait obtenu gain de cause en première instance et en appel. Monsanto s'étant pourvu en cassation, l'affaire a été de nouveau renvoyée devant la cour d'appel.  

Le Lasso est aujourd'hui interdit en France. Les séquelles existent toujours en revanche pour Paul François. 

"Je suis très déterminée et il me tarde d'en découdre avec les avocats de Monsanto. J'espère que c'est la dernière fois et que dans deux mois on aura une condamnation définitive. Ces 12 ans de combats ont impacté ma vie. C'est un combat de tous les jours. Monsanto n'apporte aucun élément nouveau. A part de salir les scientifiques qui m'ont été à prouver la toxicité du Lasso les avocats de Monsanto n'ont jamais apporté d'éléments contradictoires".

En 2007 la commission européenne a jugé ce produit trop dangereux. 

Monsanto n'a jamais versé d'indemnité à Paul François à ce jour. Même si Bayer Monsanto était condamné, la procédure pourrait prendre encore 2 ou 3 ans pour le volet indemnisation. 1900 donateurs ont participé à une cagnotte pour aider Paul François dans ce combat judiciaire.  

Paul François est aussi responsable d'une association de victimes des produits agricoles, car "c'est encore un sujet très tabou, il n'y a pas que le Lasso ou le glyphosate. Il y a des pathologies comme Parkinson qui sont reconnues comme maladies professionnelles. Le gouvernement n' a pas été capable de mettre en place le fond d'indemnisation prévu. L'agrochimie et l'agroalimentaire sont beaucoup plus puissantes que les agriculteurs.  Macron fait machine arrière sur le glyphosate. "

Toutes les filières agricoles n'abandonneront donc pas le glyphosate en 2021, ce sera  "en 2022, 2023 il n'y aura plus de glyphosate", à la fin du quinquennat, mais "je ne peux pas en être certain", a déclaré le 30 janvier le ministre de l'agriculture Didier Guillaume. 

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