Alors que le Dry January a commencé pour certains, Stéphanie Braquehais, ancienne journaliste, publie "Jour zéro", (éditions de L’Iconoclaste) dans lequel elle raconte pourquoi elle a arrêté l’alcool. Elle est l'invitée de Mathilde Munos.

Les femmes et l’alcool : un sujet de société encore tabou 
Les femmes et l’alcool : un sujet de société encore tabou  © AFP / Antoine Kremer / Hans Lucas

À quel moment l’alcool prend-il trop de place dans notre vie ? Cette question, Stéphanie Braquehais se l’est posée après une gueule de bois, celle de trop, qui lui a fait dire stop aux soirées arrosées. Elle raconte son histoire, dans son livre, comment elle s’est battue contre cette dépendance : "Ça été graduel, je me suis posé pas mal de questions, ma conso était pas quotidienne mais quand je buvais dans le cadre de fête, il m'arrivait de pousser ma consommation un peu trop loin, j'avais des trous noirs , la gueule de bois, à un moment les inconvénients ont dépassé les avantages". La jeune femme s'est interrogée : "Je me suis dit 'est ce que le problème vient de moi ou de l'alcool ?'. Or cette recherche du plaisir en consommant de l'alcool est intégrée dans le cerveau, a une réponse physique : c'est 'la recherche de la récompense'".

L'alcoolisme est un mot très vague, pas forcément un terme qui va de soi, l'alcoolisme est une maladie, moi je n'étais pas malade, je n'avais pas besoin d'aller voir un médecin pour arrêter l'alcool. La question que je pose, c'est où est la frontière ? C'est quoi trop boire, mal boire ?

Une explication physiologique

"En étudiant les neurosciences, cette honte du lendemain a une explication physique, et le comprendre, cela libère. J'ai plein d'amis qui ont aussi des trous noirs, des gueules de bois et pour eux, ce n'est pas une raison d'arrêter" explique celle qui revendique avoir fait un choix personnel plutôt que faire du militantisme. 

Elle reconnait avoir trouvé longtemps des avantages à boire, comme "un pansement miraculeux" : "Ça fait diminuer la timidité, on a plus de facilité à se lier avec les autres, on peut écouter pendant une demi-heure des conversations sans intérêt, on devient quelqu'un d'autre. Quand on ne boit pas, on est obligé de ne pas être timide, de se faire confiance. 

Je ne dirais pas que je suis quelqu'un d'autre aujourd'hui, mais je sais que mon esprit est relativement moins agité, je n'ai pas d'autre choix que de me faire confiance.

Et quand elle explique aujourd'hui qu'elle ne boit plus, "Il y a une sorte de gêne, il y a vraiment encore cette méfiance : ça a quand même changé mes relations, oui je me couche plus tôt, mais je ne suis plus obligée d'écouter des gens parler jusqu'à 8h du matin en rentrant la tête à l'envers" constate Stéphanie Braquehais, qui analyse, avec le recul : "Il y  avait un peu de militantisme aussi là-dedans :  boire comme un mec, séduire comme un mec, l'alcool permettait de prolonger ça", mais elle reconnait, "je me suis aussi parfois mise en danger en tant que femme". 

Les invités
L'équipe
Contact
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.