"Il va falloir se réadapter avec de nouvelles contraintes, pas évidentes", constate Antoine Devos, pédopsychiatre au centre hospitalier de Bayeux et membre du conseil scientifique de l'école des parents et des éducateurs, invité de France Inter mercredi matin.

L'école a la maison a généré beaucoup d'inquiétudes des parents, notamment lorsqu'il fallait combiner cela avec le télétravail.
L'école a la maison a généré beaucoup d'inquiétudes des parents, notamment lorsqu'il fallait combiner cela avec le télétravail. © Maxppp / Sebastien Jarry

Le déconfinement, certains s’en réjouissent et d’autres appréhendent. Cette nouvelle étape risque d’entraîner de nouveaux troubles psychologiques, d'être une source de "nouvelles inquiétudes", estime Antoine Devos, pédopsychiatre au centre hospitalier de Bayeux et membre du conseil scientifique de l'école des parents et des éducateurs, invité d'Inter mercredi matin. Son association a mis en place un numéro vert pour aider tous ceux qui en ont besoin à traverser la crise actuelle, le 0 805 382 300. 

"Ce que les parents éprouvent c'est la difficulté, à l'aune de la levée du confinement, le besoin de respirer, le sentiment plus grand d'oppression, d'une difficulté importante à pouvoir prendre l'air", constate M. Devos. "La situation va être nouvelle et va générer de nouvelles inquiétudes", confirme-t-il. "Il va falloir se réadapter avec de nouvelles contraintes, pas évidentes." 

Faire confiance aux enseignants

Concernant les enfants et le retour à l'école, "c'est la qualité de la relation tissée entre les parents et les enfants, mais aussi avec les professionnels de la petite enfance et de l'Éducation nationale qui va permettre de traverser le mieux possible cette situation"

Selon Antoine Devos, il faut "faire confiance à la façon dont les enseignants vont travailler avec ces contraintes". En revanche, il faut que les enseignants aient les garanties de pouvoir travailler sereinement. "Si les adultes sont angoissés le problème est justement l'angoisse qu'ils peuvent éventuellement transmettre." Le numéro vert peut "se rendre disponible" pour les enseignants qui s'inquièteraient de cette situation. 

Rétrospectivement, le pédopsychiatre explique avoir eu rapidement, avec le confinement, "des parents qui ont eu du mal à supporter la pression scolaire de l'école a la maison en plus du télétravail" et notamment de parents en situation monoparentale. "Avec les enfants 24 heures sur 24, ils éprouvaient le besoin de respirer avec un écoutant, de penser cette situation." 

S'il ne constaste pas de réel "syndrome du confinement ou du déconfinement", Antoine Devos souligne une situation "éprouvante" dont il est question de faire "une expérience de la vie".

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