Ce mercredi, c'est la date butoir pour que le ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation indique sa position quant aux propositions élaborées par les participants au débat public "ImPACtons !". Jean-Marie Séronie, agroéconomiste indépendant et membre de la chambre de l'agriculture, est l'invité du 6h20.

Les vaches et les prés de Girgols, dans le Cantal
Les vaches et les prés de Girgols, dans le Cantal © Radio France / Camille Crosnier

La nouvelle version de la Politique agricole commune est-elle un vrai tournant ? "Il y a des changements relativement conséquents de répartition d'un volume d'aide qui sera équivalent au précédent. Ceci dit, je ne pense pas qu'il y ait de véritable révolution derrière cette réforme de la politique agricole commune", estime Jean-Marie Séronie, agroéconomiste indépendant : "Ses bases ont été posées il y a trois ou quatre ans, bien avant que l'Europe ne mette en place son pacte vert". 

Pour la France, "l'enveloppe est en gros la même", précise Jean-Marie Séronie. Pourquoi les agriculteurs manifestent-ils partout en France alors ? "Quand les agriculteurs manifestent, c'est un acte très symbolique et significatif : l'interprétation que j'en fais est double. Il y a d'une part une inquiétude sur la répartition des aides, qui va changer. Mais les manifestations ont lieu partout en France. Or comme le volume des aides totales est le même, c'est qu'il y a autre chose, sinon il y aurait des catégories gagnantes, d'autres perdantes, et il n'y aurait pas des manifestations perdues. La deuxième chose, c'est un sentiment de manque de reconnaissance, d'être les incompris de la République", explique l'économiste. 

Pourtant, en 2020, les agriculteurs n'ont-ils pas été vus comme des acteurs essentiels notamment pendant le confinement ? "La reconnaissance réelle envers nos agriculteurs, l'an dernier, elle a eu lieu pendant le premier confinement, où les gens avaient très peur, ils ont fait des stocks. Mais on n'a plus entendu parler de cela dans le deuxième et le troisième confinement", rappelle Jean-Marie Séronie. "Il ne faut pas sur-évaluer ce sentiment positif". 

"Le ministre doit prendre en compte les priorités du moment, avec un même volume d'aides : d'une part, aller vers des pratiques plus vertes et un stockage plus important du carbone dans le sol ; et d'autre part une évolution de la production par rapport à nos besoins de consommation", ajoute-t-il. 

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