"Ce qui m'inquiète plus, c'est pour les départements en rouge, de savoir si les mesures sont suffisantes pour les ramener au vert", juge Pascal Crepey épidémiologiste et enseignant-chercheur à l’Ecole des Hautes études en Santé publique de Rennes, invité d'Inter jeudi matin.

Le Premier ministre va arrêter la carte du déconfinement, jeudi après-midi.
Le Premier ministre va arrêter la carte du déconfinement, jeudi après-midi. © AFP / Hans Lucas / Xose Bouzas

On saura ce jeudi de quelle couleur est notre département. Exit le orange, il ne restera plus que le rouge ou le vert, indicateur déterminant pour le gouvernement qui doit arrêter dans l'après-midi cette carte météo du coronavirus sur lequel il va se baser pour organiser le déconfinement. "Ce qui est le plus important, c'est de voir que les départements qui sont actuellement en orange sont relativement stables et que les problèmes restent surtout sur la tension hospitalière et non sur la circulation du virus : on peut avoir bon espoir qu'ils passent en vert", estime Pascal Crepey épidémiologiste et enseignant-chercheur à l’Ecole des Hautes études en Santé publique de Rennes. 

"Ce qui m'inquiète plus, c'est pour les départements en rouge, de savoir si les mesures sont suffisantes pour les ramener au vert" poursuit le spécialiste. L'évolution favorable est sur la faible circulation du virus, ajoute-t-il. "Il n'y a plus qu'en Île-de-France qu'il circule de façon active. Clairement, dans les autres départements la situation est favorable sur ce point de la circulation virale. Dans les départements rouges, cela signifie que le confinement ne marche peut être pas assez bien." 

De bons indicateurs ? 

La question de cet indicateur est à poser, estime Pascal Crepey. "La tension hospitalière, c'est un bon indicateur", mais "c'est plus compliqué pour celui de la circulation du virus". "Il y a forcement un décalage entre ce qu'on peut observer et la réalité. C'est certainement pas le meilleur indicateur mais c'est peut-être le meilleur qu'on ait, c'est aussi pour ça qu'on a besoin qu'il soit complété par la proportion de tests réalisés."

Va-t-on réussir à observer et contrôler la situation virale ? "Il va être compliqué d'être réactifs et rapides pour remonter les chaines de transmissions. La réussite du dispositif de suivi des contaminations et des cas dépend de l'état sanitaire des départements lors du déconfinement. Plus la circulation est importante, plus le risque d'un rebond de l'épidémie dans ces zones est fort." Pascal Crepey ajoute qu'il sera intéressant de voir l'indicateur sur la capacité en tests qui va permettre de compléter la carte de France. 

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