Pour la première fois en France, un procès pour faits de terrorisme, celui des attentats de janvier 2015, est filmé. Pourtant, il est rarissime que des caméras soient autorisées dans une salle d'audience. Christian Delage, historien et cinéaste, est l'invité de Mathilde Munos à 6h20.

En France, les caméras ne sont normalement pas autorisées dans une salle d'audience.
En France, les caméras ne sont normalement pas autorisées dans une salle d'audience. © AFP / GEORGES GOBET

Christian Delage, historien, cinéaste et directeur de l’Institut d’Histoire du Temps Présent est le commissaire de l'exposition «Filmer les procès, un enjeu social » à découvrir à partir du 18 octobre à Paris aux Archives nationales.

Pourquoi filmer ce procès en particulier? "Parce ce que le procès concerne la société française" : "Il n'y a pas de transcription , ce qu'on connait d'un procès, on ne le connait que par la présence des journalistes et des dessinateurs de presse. Ici en raison de la crise sanitaire, la majorité des journalistes se trouvent dans une salle attenante et n'en voit que ce qui est filmé".

"La justice doit être transparente"

L'intérêt :"Savoir ce qui se passe, qui peut être intéressant pour connaitre le fonctionnement de la justice, qui doit être transparente (En temps normal n'importe quel citoyen peut assister aux débats). Aujourd'hui les images sont conservées dans les archives et ne sont communiquables au grand public dans un délai de 50 ans, pour protéger les personnes. Ici elles le sont dès la clôture du procès, pour dérogation pour les chercheurs et les professionnels (réalisateurs, journalistes)".

Le cinéaste et historien rappelle qu'ici, "l'ensemble des salles de ce tribunal sont équipées de caméra, et  le réalisateur doit suivre le 'droit fil" de la parole" (ne filmer que celui qui parle au moment où il parle, dnlr), et qu'il a fallu réclamer de nouvelles dispositions plus adaptées pour ces archives : "On est nombreux à avoir demandé une souplesse pour accepter par exemple le champ / contre champ".  

"Il faut faire le maximum pour que l'enregistrement soit le plus fidèle à ce qui se passe"  

"En France, nous ne sommes les seuls à avoir le droit de filmer des procès, depuis 1985 et une loi portée par Robert Badinter. Ce qui l'intéressait, c'était qu'on filme la manière dont la justice se rend, de manière ordinaire, pas seulement les grands procès" explique aussi Christian Delage.

Aller plus loin

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Les invités
  • Christian DelageHistorien, professeur à l'Institut d'Histoire du temps présent (IHTP)
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