Mounir Mahjoubi, député LREM, auteur d’une note parlementaire sur le traçage des données mobiles dans la lutte contre le coronavirus, est l'invité de Mathilde Munos.

Mounir Mahjoubi, député Lrem
Mounir Mahjoubi, député Lrem © Radio France / Philippe LOPEZ / AFP

"Le traçage numérique est une méthode parmi beaucoup d'autres : il y a autant de traçages numériques que de langues dans le monde, on ne peut pas être pour ou contre", estime le député parisien, "nous sommes tous contre la surveillance généralisée, le traçage, ce n'est pas ça".

"On veut protéger la vie des gens et les libertés individuelle, il ne faut utiliser le traçage que pour sauver des vies" poursuit-il : "Quand des gens seront testés positifs, il faut leur permettre d'identifier les personnes qu'ils ont croisés les 15 jours précédents : les Anglais, Singapour travaillent déjà dessus".

Mounir Mahjoubi reconnait tout de même que la Chine ou Israël ont opté pour des méthodes excessives de surveillance de "toutes les données possibles" : "Il y a des façons plus respectueuses de travailler avec des données qui ne sont jamais envoyées au sommet de l'état : stockage décentralisé, avec le bluetooth qui ne stocke pas les mêmes infos que le GPS, anonymat de l'info dans le mobile de la personne, chiffrement des infos" rappelle l'ex-ministre.

Expliquer la méthode avec transparence

"Il n'y a pas de simplification possible sur ce sujet" estime-t-il en renvoyant à la note de 45 pages qu'il a fourni au gouvernement et qui est consultable sur Internet : "La garantie que peut donner le gouvernement, c'est simplement d'expliquer sa méthode avec transparence et ouverture".

"Le contact tracing n'est pas un objet de haute technologie" affirme encore Mounir Mahjoubi, qui rappelle qu'il a fait partie du 1er cluster de l'Assemblée, touché lui aussi par le Covid-19 : "On se retrouve face à quelqu'un qui demande qui vous avez croisé, heure par heure, jour par jour pendant les 15 derniers jours, donc c'est ce qu'on fait déjà".  Sur les méthodes, certaines ne sont, selon lui, pas souhaitables, comme Singapour qui utilise des outils de contrôles qui ne sont pas souhaitables en France et en Europe, "notamment par les données de paiement"

Pour éviter qu'une personne soit en contact avec 1 000 personnes, on va essayer qu'elle en contacte le moins possible, c'est ça le contact tracing.

"Personne ne refuserait la capacité de sauver la vie des gens qu'il connaît si, grâce à cette appli, on l'empêche de contaminer [son entourage]" estime le député du XIXe arrondissement parisien, qui est convaincu que le contact tracing est nécessaire "si on met toutes les protections pour les données individuelles : il faut absolument éviter de caricaturer ce débat".

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