Jean-Michel Fauvergue, député LREM et ancien patron du RAID est notre invité à 6h20. Il a porté un rapport parlementaire recommandant 35 mesures pour "rétablir la confiance" entre la population et les forces de l'ordre.

Le Beauvau de la sécurité, cette grande concertation voulue par Emmanuel Macron, entre dans le vif des débats aujourd’hui, avec une première table ronde organisée sur le thème du lien entre la police et la population : comment rétablir la confiance entre les deux ? Jean-Michel Fauvergue, ancien patron du RAID, aujourd’hui député LREM de Seine-et-Marne est le co-rapporteur de la proposition de loi "sécurité globale", mais aussi l'auteur d’un rapport parlementaire sur le maintien de l’ordre.  

Rétablir la confiance

"La situation [de confiance entre population et forces de sécurité] ne s'est pas arrangée depuis une décennie : les cotes de confiance sont toujours très bonnes mais on voit une évolution qui inquiète. Quelque chose de général, une contestation généralisée de l'autorité, et il faut que ces forces se réforment, que la police ouvre ses portes et ses fenêtres." estime l'ex-patron du RAID, qui voit la police du XXIe comme "spécialisée, au service de l'état, qui fonctionne bien, une police de l'intervention au service des citoyens, une police de voisinage".

La police de proximité est tombée en désuétude depuis les années 80, ce n'est pas récent, c'est pourtant quelque chose d'important, de nécessaire, la police est là pour être au contact, être au voisinage, un thème à développer dans le Beauvau de la sécurité.

Pour Jean-Michel Fauvergue, il y a aussi un "problème de répartition des effectifs" : "Si on ajoute le nombre de policiers et de gendarmes (et réservistes), on est dans le premier tiers des pays européens, on n'a pas assez tiré profit de l'arrivée de la gendarmerie au sein du ministère de l'Intérieur pour se restructurer, il est temps maintenant de faire sa révolution, il faut mieux coordonner en ayant pour but la sécurité des Français". 

Pas de violences sans agression des forces de police

Il préconise ainsi de réserver le maintien de l'ordre aux unités spécialisées, CRS et gendarmes mobiles et affirme : "S'il y a des violences, c'est parce que des policiers et gendarmes sont agressés, sans cela il n'y aurait pas de violences, c'est à 95% dans ce sens-là. les violences illégitimes existent, mais elles sont minimes, et sont le fait de personnes qui font l'objet en général de sanctions". 

Sur la réforme de l'IGPN, et son rattachement au ministre de l'Intérieur avec des cadres venus de l'extérieur : "Vous n'avez aucun problème, actuellement elle travaille sous le contrôle des magistrats, mais pour la crédibilité, on est obligé de bouger sur ce domaine-là".

"La sécurité du XXIe siècle sera globale ou ne sera pas, on doit travailler avec toutes les compostantes : forces régaliennes, municipales, avec des sociétés privées voire même avec la population qui sera acteur de sa propre sécurité", estime le co-rapporteur de la proposition de loi "sécurité globale". 

  • Légende du visuel principal: Jean-Michel Fauvergue, ex-patron du RAID et auteur d’un rapport parlementaire sur le maintien de l’ordre © Radio France / France Inter
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