Au Sénégal, l’opposant Ousmane Sonko a été relâché, et Dakar est sous la protection des blindés de l’armée. Le Dr Olakounlé Gilles Yabi, docteur en économie du développement, fondateur et président de WATHI, est l'invité du 6h20.

Des blindés dans les rue de Dakar : L’armée a été déployée après les émeutes qui ont enflammé le pays, la semaine dernière, suite à l’arrestation d’un opposant au président. Ces affrontements ont fait 5 morts, des bâtiments ont été saccagés, des supermarchés pillés, et des manifestations ont eu encore lieu ce lundi.

Le président Macky Sall s’est exprimé pour la première fois, lundi soir pour appeler au calme et à la sérénité. Il a aussi annoncé un allègement du couvre-feu à Dakar. La situation peut-elle se calmer pour autant? Il y a eu des réactions après son discours, intervenu assez tard, après celle d'Ousmane Sonko, et Gilles Olakounlé Yabi, docteur en économie du développement et analyste politique, fondateur de WATHI (un centre de réflexion sur l’Afrique de l’Ouest) explique : "On s'attend quand même à une décrispation, on va entrer dans une nouvelle phase, avec un bras de fer politique qui va se poursuivre, et des manifestations". 

"Ousmane Sonko a fait un discours plus offensif et compte profiter politiquement le mobilisation inédite autour de sa demande de libération, un élément important dans une bataille politique contre le pouvoir en place. Pas sûr que l'appel à la manifestation soit suivi" note aussi l'analyste.  

"Il a une personnalité politique assez différente de celles de l'establissement politique sénégalais", reconnait-il, mais "il faut ajouter l'impact de la crise économique et sanitaire, c'est sur ce terreau de grandes frustrations qu'est venu Ousmane Sonko". 

Sur les saccages de magasins Auchan survenus récemment dans le pays : "Pour la jeunesse, c'est un signe de revendication de rapports différents de ceux qu'on a connu par le passé avec la France", estime l'analyste politique. 

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