Marie Sonnette, maîtresse de conférence en sociologie à l'université d'Angers et membre du comité de mobilisation "Fac et labos en lutte" est l'invitée de Mathilde Munos à 6h20.

Sur les murs de l'université de Bordeaux, campus de Talence
Sur les murs de l'université de Bordeaux, campus de Talence © AFP / Valentino BELLONI / Hans Lucas

Des milliards sont investis dans l'université et pourtant la colère gronde sur les campus. Selon, Marie Sonnette :"Le gouvernement propose 224 millions pour la première partie, c'est une toute petite enveloppe, et la plus grosse partie de 3 milliards est pour 2030, ce qui n'engage pas le gouvernement actuel. Alors qu'il nous ferait 18 milliards d'euros pour avoir la trajectoire qu'on voudrait dans la recherche".

"J'ai commencé à enseigner en 2007", explique cette maîtresse de conférence, "ça m'a pris 10 ans pour être maitresse de conférence, même si j'ai été recrutée à 32 ans, ce qui est exceptionnel".

Combler les pénuries de poste

Et la chercheuse raconte ce que le quotidien de la faculté est devenu : "La plupart de mon temps de travail est dédié à des tâches administratives : s'occuper des étudiants absents, recruter des enseignants, s'assurer qu'ils ont été payés", tout ça parce qu'il y a une pénurie de postes à l'université, "Des responsabilités pédagogiques se transforment en taches de responsabilité administratives." 

"Aujourd'hui, on a ni le temps de préparer nos cours, ni le temps de faire de la recherche"

"La loi nous propose des postes encore davantage précaire" estime-t-elle : "Il faudrait 6000 postes par an pendant 5 ans pour assurer avec les 300 000 étudiants supplémentaires depuis 10 ans, et 30 000 de plus pour cette rentrée particulière. . Aujourd'hui 127 000 précaires, des vacataires payés en dessous du taux horaire du smic, assurent le fonctionnement de l'université".

"On nous propose 1000 euros de prime, quand je suis payée 2300 euros par mois. Vu le nombre de burn out, ça va nous faire rigoler (...) "La ministre va nous proposer des périodes d'essai indéfinie".

"Pour faire de la recherche, c'est toujours sur le mode de la concurrence, or il faut le faire sur le mode de la coopération, avec des moyens pérennes, qui permettent de le faire sur le temps long" car elle insiste : « Se battre pour l’avenir de l'éducation et de la recherche aujourd’hui, c'est se battre pour l'avenir tout court".

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  • Marie SonnetteMaîtresse de conférence en sociologie à l'université d'Angers et membre du comité de mobilisation fac et labos en lutte
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