Frédéric Héran, économiste et urbaniste, enseignant-chercheur à l’université de Lille, analyse la mobilité des Français à la lumière de la grève des transports. Il est l'invité de Mathilde Munos à 6h20.

Que dit cette grève de notre mobilité ? "La voiture prend énormément de place", explique Frédéric Héran "tout celle qu'on lui donne dans les zones denses". "La ville s'étale avec la mobilité-facilité, d'abord avec les transports publics dès le début du XXe siècle, ensuite dès les années 60-70 avec l'essor de l'automobile".   

"La localisation des emplois et des logements se fait en fonction de la mobilité : on a accompagné cette tendance en créant des villes ségréguées, des espaces uniquement pour les commerces, pour les logements" analyse l'urbaniste, tandis que "des pays du nord de l'Europe ont réussi à empêcher l'étalement de grandes zones commerciales".  

De l'île de France, territoire particulier, il explique :"On est dans un territoire très ségrégué, c'est à dire que depuis des années beaucoup d'emplois sont à l'est et les logements à l'ouest et on ne fait rien pour essayer de réduire les disparités. Là, c'est un choix politique, comme faire le Grand Paris Express (qui coute 35 milliards d'euros, et qui va vers les 50 milliards), mettre les gens dans les transports plutôt que faire un urbanisme plus mixte". Sur le développement de quartier comme celui de la Défense : "C'est pour payer la dalle, cette couverture de béton, qui coûte tellement cher en maintenance, que, pour la payer, on est obligé de vendre des droits à construire supplémentaires, et donc de l'agrandir : ça s'appelle une fuite en avant".

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