La sonde chinoise Tianwen-1 s'apprête à se mettre en orbite autour de Mars : François Forget, astrophysicien et directeur de recherche au CNRS, est l'invité de Mathilde Munos.

Les Émirats-Arabes unis, nouvel acteur dans la conquête spatiale : ce lundi une sonde émiratie s’est mise en orbite autour de la planète Mars, et c’est la première grosse mission pour un pays arabes. La semaine prochaine, un robot américain doit se poser sur le sol de la planète rouge, et la destination Mars fait figure de nouvelle ruée vers l'or. 

François Forget, astrophysicien, planétologue et directeur de recherche au CNRS, est membre de l’équipe scientifique de cette mission émiratie : "Ça parait facile de se mettre en orbite autour de Mars, mais ça ne l'est pas, des missions auxquelles j'avais assisté ont déjà échoué".

"Cette sonde, son centre d'intérêt, c'est le climat, la météorologie de Mars, elle utilise une orbite différente de ce qui a été fait avant et va fournir des infos complémentaires. 6 satellites observent déjà Mars en permanence. C'est une sonde qui va faire de beaux portraits de Mars et aucune mission n'a jamais fait ça encore". L'astrophysicien précise : "Les ingénieurs l'ont conçue pour durer 1 an martien, donc 2 ans terriens". 

Susciter des vocations dans le monde arabe

Le lanceur de fusée est japonais, et les émirats se sont associés avec des universités américaines pour cette mission : "Ça marche très bien" poursuit Forget.. 

"Ils ont une vraie volonté, de susciter des vocations chez les jeunes, dans le monde arabe, vers la science. Ils ont toujours promu l'éducation des femmes, mais à cause d'un biais culturel, ce sont surtout les femmes qui étudie maths , physique", et la majorité des équipes de l'aventure spatiale sont des femmes, "contrairement aux pays occidentaux", précise-t-il. 

Pourquoi Mars? "C'est confidentiel, cette insertion en orbite est délicate et il faut contrôler la communication en cas d'échec". Que peut on apprendre en allant sur Mars ? "On est passé près de Mars au mois d'octobre, on ne peut faire ça que tous les 26 mois. Mars ressemble beaucoup à la terre, des pressions anticyclones, des corps alizés, et on pense que la vie peut apparaitre sur Mars et après la Lune, c'est le seul sol sur lequel les terriens pourront aller". 

Les invités
  • François ForgetPlanétologue, directeur de recherche au CNRS - Laboratoire de Météorologie Dynamique - UMPC - ENS Paris
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