Emmanuel Macron facilite l'accès aux archives classifiées antérieures à 1971. Raphaëlle Branche, historienne spécialiste de la guerre d'Algérie, est notre invitée de 6h20.

"Il faut regarder l’histoire en face", disait Emmanuel Macron, il y a quelques jours à propos de la guerre d’Algérie. Le président joint le geste à la parole . Il a décidé de faciliter l’accès aux archives classifiées de plus de 50 ans, et cela concerne donc notamment celles sur cette part de l'Histoire de France : C’était une des recommandations du rapport de l’historien Benjamin Stora.

Raphaëlle Branche, présidente de l'Association des historiens contemporanéistes de l'enseignement supérieur et de la recherche ne se réjouit pas pour autant : "Ça devrait changer peu de choses, c'est une décision minimale, de tamponner non plus des feuilles mais des cartons ; ce qui nous pose un problème , c'est le fait même de tamponner 'secret' : la valeur de secret a depuis longtemps disparu". 

Sur le droit des archives : "Pour des documents classés secret défense, pas visible avant 50 ans. Si non, vous pouvez le faire immédiatement. En temps, entre le lecteur et le document, s'est immiscé l'administration, qui décide alors que la loi nous donne un accès : il peut se passer des mois, des années, parfois pas de réponses, tout est arbitraires, il n'y pas de règles sur ces délais". 

"Beaucoup de documents classés 'secret défense' n'ont aucune valeur secret défense aujourd'hui". 

Concernant les essais nucléaires dans le Sahara : "Tout ce qui est sujet militaire est incommunicable. En revanche, pour les disparus, d'après la loi, plupart des questions sont accessibles aujourd'hui. Et côté algérien, on peut avoir accès aux archives, mais c'est beaucoup plus opaque". 

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