La course au vaccin contre la Covid touche-t-elle à sa fin ? Le laboratoire américain Pfizer est en train d’en finaliser un qu’il dit efficace à 90%. Jean-François Saluzzo, virologue, expert en virologie auprès de l'OMS, auteur de "La saga des vaccins contre les virus" (Belin 2011) est l'invité de Mathilde Munos.

Devant le siège de Pfizer à New-York
Devant le siège de Pfizer à New-York © AFP / Kena Betancur

Pfizer a-t-il remporté la course au vaccin contre la Covid 19 ?
Le laboratoire américain annonce avoir mis au point avec l’Allemand BioNTech un vaccin qui serait efficace à 90%, selon des résultats préliminaires. Enfin une bonne nouvelle sur le front de la pandémie ? 

"Effectivement c'en est une, mais il faut être très prudent. Pour l'instant, c'est un vaccin qui a donné des résultats intéressants, mais il va falloir passer une autre étape, celle des enregistrements [par les autorités]" explique le virologue qui y voit tout de même un "procédé révolutionnaire" : "Les autorités vont devoir prendre des risques, ça c'est la première fois qu'on utilise ce type de vaccin". Là encore il va y avoir cette étape assez longue : "Dans deux-trois mois, il sera peut être utilisé sur des populations cibles comme les soignants, mais le grand public devra probablement attendre le printemps". 

C'est la première fois qu'on voit une étape clinique en "phase 3" atteinte en deux mois. "C'est un schéma inhabituel", mais Jean-François Saluzzo explique aussi qu'il n'y pas pour l'instant "pas de garantie sur une production durable : la production de ce vaccin est elle due aux anticorps ou au paramètres, on ne le sait pas encore. Sur les effets secondaires, le travail est fait correctement, mais on ne sait pas encore s'il peut y avoir des problèmes sur le long terme, ce qui arrive en stade post commercial". 

Sur la rapidité des recherches

A propos de la rapidité du travail des laboratoires et de l'investissement massif des nations, "nous sommes à l'aube d'une révolution technologique sur les vaccins. Si cette technologie apporte tous les espoirs que l'on porte, on peut tourner la page des maladies infectieuses" estime le spécialiste.

"La phase 3 est une étude d'efficacité, on y passe quand on a accumulé des certitudes que ce vaccin peut marcher" explique-t-il en rappelant qu'ici, "le risque financier n'existe pas grâce à l'investissement massif de la part des états". Neuf autres vaccins sont à l'étude : "Il y a des espoirs, mais il ne faut pas trop anticiper. Dire qu'on pourrait avoir un vaccin en décembre, ce n'est pas sérieux". 

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