Inès Minin, secrétaire nationale CFDT, chargée de la campagne Saisonniers, est l'invitée de Mathilde Munos.

Sur la plage de Cabourg, avant le démarrage de la saison
Sur la plage de Cabourg, avant le démarrage de la saison © AFP / MYCHELE DANIAU

"Ça va être forcément très difficile", explique Inès Minin, qui relève chez les professionnels du tourisme que "les jeunes en insertion professionnelle et les étudiants seront en concurrence", alors que l'on prévoit moins d'emplois.

La priorité, pour les professionnels du tourisme, est d'avoir un horizon, savoir s'il vont pouvoir rattraper la saison, donc difficile de se projeter en termes d’embauches.

D'autant que plusieurs paramètres les laissent dans l'incertitude : "Le domaine de l'agriculture va avoir beaucoup de main-d'œuvre, mais pour l'hôtellerie et le loisir, c'est en fonction des gens qui reviennent, et surtout de la météo, qui peut raccourcir le besoin d'activité".

Inès Minin explique ainsi avoir beaucoup de témoignages de situations difficiles chez les saisonniers, qui ont déjà un statut précaire : "Des contrats arrêtés brutalement, des saisonniers coincés dans leurs logements [sur leur zone de travail], plus la réforme de l'assurance-chômage qui réduit l'indemnisation".

Et cette protection pour les travailleurs précaires n'est, selon elle, "pas suffisante". "C'est quelque chose qu'on réclame depuis des années : qu'on négocie pour assurer la sécurisation du parcours entre deux saisons, qu'on facilite l'accès au logement, et leur permettre d'évoluer professionnellement".

"Les étudiants se retrouvent désormais en concurrence avec des demandeurs d'emploi plus âgés ou même des retraités qui viennent chercher des revenus complémentaires" explique enfin la secrétaire nationale CFDT.

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