Pendant le déconfinement, "il faudra faire la police sur les gestes barrière, en même temps faire attention à la dimension humaine", alerte Benoît Serre, vice-président de l'Association nationale des directeurs des ressources humaines (ANDRH).

Du gel hydroalcoolique au bureau, face à la Seine, à Paris.
Du gel hydroalcoolique au bureau, face à la Seine, à Paris. © Radio France / Stéphane Milhomme

"Les entreprises sont globalement prêtes" au déconfinement indique Benoît Serre, vice-président de l'Association nationale des directeurs des ressources humaines (ANDRH), invité d'Inter lundi matin. "Elles ont pu anticiper un certain nombre de choses", notamment grâce au protocole de reprise fourni par le gouvernement. Ce protocole "a le mérite d'exister pour ceux qui ne savaient pas s'organiser, il est strict et surprenant sur certains points comme la jauge et le calcul des quatre mètres carrés, par exemple". Idem, pour le masque "il n'est pas indiqué qu'on doit en mettre un, mais pas interdit de l'imposer... C'est précis par moment ou pas dans d'autres cas"

Le confinement, dans tous les cas, a été une épreuve pour les entreprises qu'il a fallu "retourner en 48 heures", "organiser le télétravail pour des tas d'entreprises qui ne l'avaient jamais fait". "Le déconfinement c'est compliqué sur un plan matériel, pour choisir qui revient, c'est re-retourner l'entreprises dans l'autre sens." 

"Faire la police" et "gérer l'inquiétude" en même temps

"Ce qui va être complexe c'est de reconstituer les collectifs de travail", estime Benoît Serre. "Les gens ne se sont pas vus, depuis plus de deux mois, chacun a vécu le confinement de façon différente et va devoir gérer une certaine inquiétude sur l'état de l'entreprise." Selon le vice-président de l'Association nationale des directeurs des ressources humaines (ANDRH), c'est "la dimension humaine et managériales" qui va être difficile à gérer, couplée au rôle de surveillance sur les gestes barrière. "Il faudra faire la police sur les gestes barrière, en même temps faire attention à la dimension humaine." 

De même, si beaucoup d'entreprises vont tenter de maintenir une partie de leur activité en télétravail, "il ne faut pas perdre de vue que beaucoup de salariés n'y ont pas accès, certains métiers, et puis il faut des conditions matérielles". Si certains salariés souhaitent le télétravail, "les pouvoirs publics aussi en terme de transports, c'est aussi un intérêt immobilier pour beaucoup d'entreprises"

"Un salarié peut, pendant la période, refuser à venir sur site et rester en télétravail et un employeur peut le forcer à revenir s'il réussit à prouver qu'il ne peut pas accomplir sa mission depuis son domicile", précise enfin Benoît Serre. 

 

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  • Benoit SerreVice-président de l'Association nationale des directeurs des ressources humaines (ANDRH)
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