Après les annonces d'Edouard Philippe sur la réforme des retraites devant le Conseil économique, social et environnemental (Cese) mercredi, la CFDT a appelé à rejoindre le mouvement de grève. Selon le syndicat, pourtant favorable à un système universel de retraites par points, "la ligne rouge a été franchie".

C'était l'un des seuls soutiens que le gouvernement avait, dans les rangs syndicaux. La CFDT, syndicat réformiste et favorable à un système de retraites universel par points a pourtant décidé de rejoindre le mouvement contre la réforme présentée mercredi midi par le Premier ministre, Édouard Philippe. Selon le secrétaire national de l'organisation, Frédéric Sève, "la ligne rouge a été franchie" avec l'instauration de l'âge pivot, considérée comme une "mesure paramétrique d'économie". "Cette ligne rouge, nous l'avons répétée, martelée pendant deux ans.  (...) La feuille de route de Jean-Paul Delevoye disait bien au début qu'il s'agissait d'une réforme pour refonder le système des retraite ; dès lors que l'on franchit cette ligne rouge, la réaction de la CFDT est normale", poursuit-il.

"Si l'on revient sur cette mesure qui n'est pas nécessaire, qui n'est pas juste, les choses redémarrent"

Le responsable syndical ne ferme toutefois pas totalement la porte aux discussions : "Le projet nous convient, le système universel, nous y sommes favorables, c'est dans nos textes de congrès depuis 10 ans au moins. Mais dans l'âge pivot, il y a une mesure d'économie. Les salariés font déjà des efforts, on leur en rajoute de façon indue. Et cet âge d'équilibre n'est pas juste en soi, il va profiter à certains et en pénaliser d'autres, ceux qui ont commencé à travailler tôt notamment. (...) Si l'on revient sur cette mesure qui n'est pas nécessaire, qui n'est pas juste, les choses redémarrent". 

Frédéric Sève souligne aussi un manque de prise en compte de la pénibilité du travail, mais se dit satisfait par la réforme des droits familiaux et des réversions, proposée dans le projet présenté par Édouard Philippe. Le secrétaire national de la CFDT regrette enfin que le gouvernement ait décidé de laisser confier la gouvernance de ce système aux syndicats : "Je suis flatté que le Premier ministre nous fasse confiance, mais quand on fait confiance, on le fait jusqu'au bout, on ne dit pas où on va, comment on y va. Il nous a décrit une gouvernance extrêmement contrainte". 

  • Légende du visuel principal: Frédéric Sève, secrétaire national de la CFDT, estime que le gouvernement a franchi "la ligne rouge" fixée par son syndicat dans les négociations sur la réforme des retraites. © Radio France / France Inter
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