Aujourd'hui, débute à Orléans ce qui aurait du être le premier Festival de Cannes, à l'initiative de Jean Zay en 1939. Antoine de Baecque, historien du cinéma et président du comité Jean Zay, est l'invité de Mathilde Munos.

ANTOINE DE BAECQUE
ANTOINE DE BAECQUE © Radio France / Christophe Barreyre

Ce sera un bond dans le passé, en 1939, alors que le tout premier festival de cinéma de Cannes doit s’ouvrir le 1er septembre...sauf que la Seconde guerre mondiale contraint les organisateurs à tout annuler. 

80 ans plus tard, la ville d’Orléans reconstitue l’événement, poussée, entre autres, par Antoine de Baecque, historien et critique de cinéma, professeur à l’Ecole normale supérieure, et président du comité Jean Zay Cannes 1939 : 

"C'était aussi une action politique, anti fasciste, pour répondre à la Mostra de Venise, qui avaient couronné l'année précédente Leni Riefenstahl" explique-t-il.

Pourquoi faire revivre la programmation de ce qui aurait dû, en 1939, être cette première édition du célébrissime festival mondial, depuis planté sur la Croisette, mais cette fois à  Orléans ? 

"Jean Zay, député orléanais, était très impliqué dans sa ville, où ses deux filles vivent toujours", raconte le critique de cinéma. "Lui n'a pu voir la 1ère édition du festival de Cannes, assassiné par la milice en 1944 : c'est une sorte de réparation (...) On ne parle pars de lui en 1946, lors de la première édition du festival de Cannes car son cadavre n'a pas été identifié".

Sur le programme : "Il y aura tout, sauf la palme, inventée plus tard à la fin des années 50, et qui appartient vraiment au festival de Cannes, ce sera un grand prix Jean Zay". Conférence, master class, tables rondes, exposition, sans compter les 30 films, ceux de la sélection de l'époque, qui seront projetés, avec un gagnant choisi par un jury : "Ça se fait en lien aussi avec les écoles. C’est toute la ville qui va faire vivre ce festival de 39".

Les invités
  • Antoine de Baecquecritique de cinéma et de théâtre, historien de la littérature, éditeur
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