Christophe Girard, adjoint à la Maire de Paris chargé de la culture, a annoncé ce vendredi en exclusivité sur France Inter que l'oeuvre monumentale de Jeff Koons, représentant un bouquet de tulipes, en hommage aux victimes des attentats de 2015 et 2016, sera finalement installée près du Petit Palais, à Paris.

Après deux ans d'attente et de polémique, l’œuvre en bronze, acier inoxydable et aluminium polychromes de 10 mètres de haut et 8 de large pour un poids de 27 tonnes a enfin trouvé sa place dans la capitale. "Bouquet of Tulips", de Jeff Koons, sera installée dans les jardins du Petit Palais, à Paris, a annoncé ce vendredi l'adjoint à la Maire de Paris Christophe Girard, en exclusivité sur France Inter :

"Le lieu, c'est le musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, le Petit Palais, juste derrière le Grand Palais. Il y a, autour du Petit Palais, des jardins municipaux dans lesquels il y a un emplacement possible. Jeff Koons a fait un aller-retour à Paris hier, tout s'est fait hier".

La main, tenant des tulipes multicolores comme un symbole du geste d'offrir, a été donnée par Koons à la ville de Paris le 21 novembre 2016, comme "un geste d’amitié entre le peuple américain et le peuple français" après les attentats de 2015 et 2016. "Anne Hidalgo avait dit que l'affaire était esthétique, culturelle mais aussi diplomatique", rappelle Christophe Girard.

Un cadeau accepté par la maire de Paris Anne Hidalgo, qui prévoyait initialement d'installer le bouquet sur la place située entre le musée d’Art moderne de la ville de Paris et le Palais de Tokyo, dans le XVIe arrondissement. "On était tiraillés entre plusieurs propositions, la Villette par exemple, mais _Jeff Koons n'est jamais venu avec l'idée de ne pas être dans le centre de Paris, près des lieux des attentats_, l'oeuvre est pensée pour l'amitié franco-américaine", raconte l'adjoint à la Culture, qui rappelle que l'emplacement choisi est proche de l'ambassade des Etats-Unis.

L'oeuvre sera financée par des fonds privés, ceux de la Fondation pour Paris notamment, ainsi que ceux de nombreux mécènes privés. "L'argent public servira à l'entretien de l'oeuvre, et on verra avec l'Etat pour la protection de l'oeuvre", explique Christophe Girard. "Maintenant il faut que les services travaillent : nous avons convenu d'un lieu" mais pas encore d'une date pour son installation, ajoute-t-il. 

La polémique, un an après

Le 21 janvier 2018, une tribune, publiée dans Libération, dit "Non au 'cadeau' de Jeff Koons. Le texte est signé par 23 personnalités du monde de l'art qui jugent "l'initiative choquante et malvenue" et regrettent notamment le choix du lieu "sans aucun rapport avec les tragiques événements invoqués et leur localisation", et "le coût pour l’État, et donc pour l’ensemble des contribuables", car la construction et l’installation de la sculpture sont estimés à 3,5 millions d’euros.

Le président du Palais de Tokyo, Jean de Loisy fait alors connaître sa réticence quant à l'installation du "bouquet" qui, par son poids, obligerait à effectuer des mois de travaux pour solidifier la galerie basse du Palais de Tokyo. Bruno Julliard, alors premier adjoint de la maire de Paris. fait entendre lui aussi son peu d'envie de voir l'ouvre de Koons installée dans un lieu où la sculpture masquerait la perspective sur la Tour Eiffel. 

Un mois après, Anne Hidalgo reprend la main et souhaite publiquement voir aboutir le projet car, selon elle, c'est une "question autant diplomatique qu'artistique". "Vous imaginez la polémique internationale qu'aurait pu générer une position de la ville consistant à dire aux Américains, 'nous ne voulons pas de votre cadeau' ?" explique la Maire de Paris.

La ministre de la Culture Françoise Nyssen a clôt en quelque sorte le dossier en déclarant que le gouvernement allait "accompagner la Ville de Paris et trouver ensemble une solution à la hauteur de l'enjeu symbolique".

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La version new-yorkaise des Tulipes de Koons "Tulips, 1995-2004" au Rockefeller Plaza © AFP / Jamie McCarthy / Getty images north America
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