Julien Damon, professeur associé à Sciences Po, pour le plan pauvreté du gouvernement est l'invité de Mathilde Munos.

Emmanuel Macron dévoile jeudi sa "stratégie" de lutte contre la pauvreté, espérant lancer une nouvelle phase du quinquennat davantage axée sur le social et combattre l'image de "président des riches" que lui colle l'opposition.  Symboliquement, le président a choisi de s'exprimer au musée de l'Homme, un vaste bâtiment consacré à "l'évolution des sociétés", à Paris. 

Julien Damon a remis un rapport sur les prestations sociales. 

Julien Damon : "Il faut aller vers un peu de simplification dans les prestations. C'est un grand chantier, qui ira au-delà du quinquennat. Il faut aussi faire mieux avec les professionnels de l'action sociale. C'est peu coordonné  et plus vous êtes dans la mouise, plus vous avez d'interlocuteurs et c'est complexe.

La part des personnes qui pourraient toucher une prestation et qui n'en ont pas, est extrêmement importante". 

Zéro SDF c'est réaliste et c'est ambitieux. On ne sait pas si le problème augmente. On est mauvais en France sur les études sur le sujet. 

Julien Damon :  Pour les logements sociaux, leur système d'attribution, n'est pas encore d'une clarté absolue, il y a encore des passe-droits. 

Julien Damon : "la formule 'pognon de dingue' n'est pas la meilleure, mais la France dépense beaucoup. Puisque ça n'est pas totalement efficace, il faut rationaliser le système". 

Lundi, le président de la République a passé cinq heures dans un centre d'ATD Quart Monde pour rencontrer des personnes touchées par la grande pauvreté.  En le présentant lui-même, Emmanuel Macron veut démontrer l'importance qu'il accorde à ce plan, cinq jours avant la présentation de celui sur la réorganisation du système de santé.  Il compte sur ces deux rendez-vous pour reprendre la main après une rentrée agitée, en mettant en scène un virage social dans son quinquennat.  Les mesures de lutte contre la pauvreté étaient attendues en juillet mais le chef de l'Etat avait décidé au dernier moment de les reporter, provoquant la déception des acteurs du secteur, d'autant que ce délai avait semblé lié au Mondial de football.  

Ces derniers s'alarment de "l'urgence" de la situation dans un pays où trois millions d'enfants - un sur cinq - vivent sous le seuil de pauvreté.   Au total, la proportion de la population vivant sous ce seuil (1.026 euros par mois) était de 14% en 2016, soit environ neuf millions de personnes, selon l'Insee. Parmi elles, près de 5 millions ont moins de 855 euros mensuels pour vivre.

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Julien Damon en 2013 à Paris © Maxppp / Vincent Isore
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