Thomas Romon, archéologue, commissaire scientifique de l’exposition "Tromelin, l’île des esclaves oubliés" au Musée de l’Homme, est l'invité de Mathilde Munos.

Imaginez-vous abandonné sur une île déserte, un bout de terre d'un km² seulement, la côte la plus proche est à 500 km, vous n'avez rien ou si peu pour manger ou vous mettre à l'abri, et vous devez survivre. Ce n'est pas Koh-Lanta, non, c'est ce qui est arrivé à des esclaves malgaches au XVIIIe siècle. Un épisode dramatique de l'histoire maritime française qui nous est racontée dans une exposition qui s'ouvre aujourd'hui au Musée de l'homme à Paris, "Tromelin, l’île des esclaves oubliés". 

Mathilde Munos rencontre avec Thomas Romon, archéologue et commissaire scientifique de l’exposition.

Extraits de l'entretien avec Thomas Romon

Thomas Romon : "Lorsque le bateau fait naufrage, l'équipage français (à peu près 120 hommes) regagne la terre, les esclaves qui étaient dans les cales pour une grande partie décèdent mais à peu près 80 d'entre eux gagnent l'île. Il n'y a rien sur cette île. Une des premières actions est de creuser un puits, donc d'obtenir de l'eau pour assurer la survie, puis construire un bateau pour repartir. Mais ce bateau est trop petit et seuls les marins français repartent, abandonnant les naufragés malgaches sur l'îlot. 

Cette île est soumise au régime des cyclones donc régulièrement, à peu près tous les ans, de grosses tempêtes tropicales voire de cyclones balaient cette île. Ils ont dû se construire des abris véritablement solides pour se protéger, en empilant des pierres et des blocs de corail.

Une partie des naufragés ont construit un radeau pour tenter de s'échapper. Probablement qu'ils ont péri en mer.

Ils sont restés quinze sur cette île. Notre surprise, c'est que la plupart des objets construits sur cette île sont utilitaires : es haches, des assiettes… mais aussi des bijoux".

Aller plus loin

📖 LIRE AUSSI L’histoire des esclaves oubliés de Tromelin en quelques images

► L’exposition Tromelin, l’Île des esclaves oubliés se tient dans le cadre des 70 ans de La déclaration universelle des Droits de l’Homme dont l'article 4 stipule : « Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude». Créée au Château des ducs de Bretagne, elle présente les fouilles en trois parties (historique, archéologique et mémorielle) ainsi qu'une installation de Savoia. L’exposition "Tromelin, l’île aux esclaves oubliés" ouvre le mercredi 13 février 2019 au Musée de l’Homme à Paris.

  • Légende du visuel principal: Thomas Romon, archéologue © AFP / Georges Gobet
Les invités
L'équipe
Contact
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.