Alors qu'a eu lieu la veille la double audition d'Olivier Véran sur la stratégie vaccinale, Bernard Jomier, médecin généraliste, sénateur écologiste (apparenté PS) de Paris, est l'invité de Mathilde Munos.

Sur la stratégie de protéger les plus fragiles, "nous la partageons, il n'y pas de vraies questions là-dessus. La vraie question c'est celle du calendrier, de la lenteur avec laquelle la campagne a démarré. Or l'objectif est vacciner ces 14 millions de personnes au premier trimestre". 

"La question est : est-ce qu'à la fin du 1er trimestre, nous aurons vacciné les personnes vulnérables? la réponse n'est pas claire, il est plus vraisemblable que nous parviendrons à cet objectif au second trimestre, que nous allons devoir patienter un peu plus"

L'échec du démarrage logistique en question

"Le démarrage logistique de la campagne a été un échec, il y a une montrée en charge, on peut espérer qu'on va pouvoir vacciner 100 000/200 000 personnes. Est ce qu'on aura les doses? Ca me parait compliqué, ça n'est pas acquis à l'heure actuelle (...)Il faut faire feu de tout bois dans ce cas là. Les allemands travaillent à reconvertir des chaînes de production pour produire les  vaccins. Un calendrier a été annoncé il est légitime de demander s'il va être tenu. Ça va être un effort considérable".

Faut-il associer les médecins généralistes de ville ? Le vaccin Pfizer a une logistique compliquée, avec une température très basse de -80° de conservation, mais dès que le Moderna, l'Astra Zeneca vont arriver, "cela pourra être pratiqué dans les cabinets de ville" estime Bertrand Jomier.

Lui-même a relayé une photo de lui en train de se faire vacciner : "Dès qu'on vous le proposera, faite vous vacciner : les mesures de confinement, c'est le Moyen-Age, le vaccin, c'est la modernité".

Faut-il intégrer les plateformes de réservation comme Doctolib dans la campagne de vaccination? "Quand vous n'avez pas les capacités, tout doit être mis en oeuvre pour vacciner au moins 15 millions de français, si on ne les vaccine pas très vite, on aura encore des confinement en mars ou avril" poursuit Bertand Jomier. 

"Ne pas faire la rentrée scolaire"

Et la situation des 1% de patients atteints du variant anglais de ce virus, l'élu met en garde : "Ça parait faible, mais on sait ce qui s'est passé en Angleterre, en Irlande, il faut prendre des mesures fortes". Ainsi il est sans appel sur le fait de devoir fermler les écoles, qui lui paraît incontournable :"Moi j'étais d'avis de ne pas faire la rentrée scolaire, je sais que c'est difficile, mais ce variant a une appétence pour les enfants. La situation actuelle dans les écoles est une forme de déni de la part du ministre de l'Éducation. Il faut prendre des mesures dès maintenant, sinon nous risquons d'être débordé". 

  • Légende du visuel principal: Le ministre de la Santé a répondu de la stratégie vaccinale devant le Sénat le 12 janvier 2021 © AFP / GEOFFROY VAN DER HASSELT / POOL
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