Patrick Jouin est designer. Il collabore depuis plus de vingt ans avec Alain Ducasse pour aménager ses restaurants. Il conçoit aussi du mobilier pour l’espace public avec JC Decaux, la RATP et le Grand Paris Express. Comment imaginer "le monde d'après" ?

L'un des dessins présentés par Patrick Jouin.
L'un des dessins présentés par Patrick Jouin.

"Ce virus est inédit, il fallait trouver rapidement des solutions pour corriger ses effets", explique Patrick Jouin, designer de nombreux restaurants, dont les établissements du grand chef français Alain Ducasse. "Le virus est invisible, donc ce n'est pas évident. Pour les restaurants, c'est plus complexe, car on ne porte pas de masque quand on mange. On a tâtonné, mais au lieu d'attendre que quelque chose tombe du ciel, on s'est dit qu'il fallait réfléchir, autour d'un cas, celui d'un petit bistrot comme il en existe partout en France pour trouver des solutions." 

Patrick Jouin et Alain Ducasse proposent donc un "design de la distanciation sociale pour les lieux de restauration" avec des dispositifs "faciles à fabriquer et peu onéreux". Il faut, pour cela, "agir sur plusieurs choses", estime le designer, invité de France Inter mercredi matin. "L'idée c'est de créer une distance physique et que des matériaux nous entourent pour créer des bulles d'air 'safe'. Des paravents transparents, un 'centre de table' que l'on peut mettre entre vous et le convive, si c'est pour manger avec quelqu'un que l'on ne connait pas très bien par exemple."  

"Il faut aussi que l'on travaille sur les gestes, ceux des serveurs, qu'ils portent des masques : ça va devenir complètement banal. Il faut de la signalétique, pour que tout le monde comprenne un peu ce qu'il faut faire. Ce prototype est là pour tester la réaction des clients, des personnels", explique Patrick Jouin.  

"Etre ensemble, le plaisir, c'est essentiel pour les humains. Il faut réinventer ces lieux pour faire face à cette tempête", estime celui qui a aussi travaillé, avec JCDecaux, sur l'installation de distributeurs de gel hydroalcoolique aux abribus. "Ce qui est complexe, c'est la matière première qui manque : le plexiglas est difficile à trouver, il va falloir trouver d'autres systèmes, utiliser du papier, du carton."

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