La ministre des Outre-mer, Annick Girardin, est arrivée lundi matin à Mayotte alors que l'île entre dans sa quatrième semaine de contestation contre l'insécurité.

Annick Girardin, ministre des Outre-mer
Annick Girardin, ministre des Outre-mer © AFP / Ornella Lamberti

C'est la quatrième semaine de mobilisation contre l'insécurité, sur l'île : elle se manifeste par des barrages, des opérations escargots, des grèves et même, hier, jour de rentrée, un appel à ne pas envoyer les enfants à l'école. La ministre n'a annoncé des dispositifs que pour la sécurité et contre l'immigration. Pour beaucoup, les mesures annoncées ne suffisent pas : l'intersyndicale appelle à poursuivre le mouvement.

La ministre des Outre-mer Annick Girardin a annoncé à Mamoudzou une série de mesures, notamment sécuritaires pour tenter de déminer le mouvement de contestation contre l’insécurité et l'immigration irrégulière qui agite Mayotte depuis trois semaines.

"Le 101e département français reste Mayotte, Mayotte reste un département français", a-t-elle martelé  pour signifier l'attachement à ce territoire encore complètement paralysé par les barrages routiers lundi, appelant à redéfinir les compétences du département autant que l'accompagnement de l'Etat.

Annick Girardin : "Mayotte a besoin de long terme, de confiance et de sérieux. Il faut traiter les causes de l'insécurité,  mais aussi des questions de logement et d'éducation notamment. La moitié des habitants viennent d'ailleurs, des Comores notamment. La maternité de Mamoudzou  est celle où il y a le plus de naissances en France. Mayotte est une terre d'accueil qui a trop accueilli. Il faudrait faire une maternité extra-territoriale, pour avoir des états civils différents, avant d'être reconduits dans son pays d'origine"

C'est une remise en question du droit du sol ? 

Annick Girardin : "Je n'ai rien dit. Il faut être pragmatique. Aucune région, ou pays, n'a la moitié de sa population qui est étrangère. Ce territoire français est entouré d'une pauvreté extrême et il faut un cadre spécifique car il n'y a plus de cohésion sociale. Il faudrait construire une école par jour ici. Il faut peut-être jouer la différenciation des territoires"

Parmi les mesures annoncées par Annick Girardin, qui sont selon elles des réponses à l'urgence : 

  • maintien sur le territoire, jusqu'à la fin de l'année scolaire, de 60 gendarmes arrivés la semaine dernière
  • pérennisation d'un demi-escadron de gendarmes mobiles sur place depuis 2016 
  • création d'une brigade de gendarmerie nationale à Koungou.

L'arrivée de nouveaux renforts est accélérée, avec la venue de 10 policiers supplémentaires en mars et 16 gendarmes d'ici le 1er août, qui viendront étoffer une nouvelle brigade de prévention de la délinquance juvénile.

Dans un communiqué, le collectif et l'intersyndicale à la tête du mouvement ont dit "refuser de s'associer à cette mascarade", regrettant qu'il n'y ait "aucune intention de mener de véritables négociations sur nos revendications", et déplorant "une "tentative de divisions des élus".  

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