Orlane Francois, présidente de la Fage, fédération nationale des associations étudiantes, est l'invitée d'Hélène Roussel.

Pas de retour à l'université après le confinement pour les étudiants, qui attendent les précisions du gouvernement pour la tenue des examens
Pas de retour à l'université après le confinement pour les étudiants, qui attendent les précisions du gouvernement pour la tenue des examens © AFP / LILIAN CAZABET / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP

Emmanuel Macron a annoncé que les étudiants ne retourneraient pas sur les bancs des universités et des grandes écoles avant la rentrée de septembre. Une annonce qui ne surprend pas vraiment Orlane François, "pour des raisons sanitaires" sans compter que le mois de mai reste le plus souvent une période d'examens. Pour beaucoup d'étudiants rentrés vivre le confinement chez leurs parents, "cela ré-enclencherait des mobilités assez fortes avec les étudiants qui reviendraient sur leurs lieux d'études".

"On a des solutions", explique la présidente de la Fage qui met en garde : "Le passage des examens à distance peut vite devenir inégalitaire, pour les d'étudiants sans portables, dans de mauvaises conditions actuelles, d'autres qui travaillent encore plus avec leur job de caissier.ère".

On court vers un taux d'échec très fort, plus que les années précédentes.

"La question du report de tous les examens en septembre est compliquée" poursuit-elle, car cela peut mettre en difficulté des étudiants qui avaient d'autres projets, ou les étudiants étrangers qui devaient rentrer chez eux. Les associations étudiantes préconisent ainsi plutôt la tenue d'examens en juin, avec des devoirs à rendre sur une période donnée et la possibilité de les renvoyer par la Poste, "avec une prise en charge des examens par téléphone, dans les situations les plus compliquées".

"Mais on demande surtout l'instauration d'une troisième chance au mois de septembre", précise Orlane François, qui mise beaucoup sur ce rattrapage pour réduire les inégalités.

Inégalités renforcées en temps de confinement 

"Il y a eu une période dans laquelle on a eu du mal à lancer les enseignements à distance, on n'est pas tous égaux par rapport à notre lieu de travail : certains vivent dans un lieu insalubre, sans foyer au calme pour travailler", explique-t-elle.

Alors que 20% des étudiants vivent sous le seuil de pauvreté, Orlane François attend les précisions sur les sommes promises pour eux par Emmanuel Macron : "C'est néanmoins une annonce qu'on retient, après celle, insuffisante, du ministre de l'Éducation il y a un mois (notamment l'augmentation de 10 millions d'euros des aides d'urgences, ndlr)."

La Fage demande entre autres la création d'une aide nationale, comme la hausse du budget d'urgence des CROUS : "Il faut avoir une couverture de la perte d'activité suffisante pour payer les charges, les loyers des étudiants". Orlane François revient par exemple sur le cas des infirmiers stagiaires, particulièrement mobilisés en ce moment, et payés 50 euros par semaine : "En situation normale, ce n'est pas déjà pas acceptable", estime Orlane François, "là il faut travailler sur une réponse nationale".

Les invités
  • Orlane FrançoisPrésidente de la Fédération des Associations Générales Etudiantes (FAGE)
L'équipe
Contact
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.