Michel Kazatchkine, ancien directeur du Fonds mondial de lutte contre le sida et membre du panel indépendant d'évaluation de la réponse mondiale à la pandémie de Covid, était l'invité de 6h20 avec Mathilde Munos.

Michel Kazatchkine ancien directeur du Fonds mondial de lutte contre le sida
Michel Kazatchkine ancien directeur du Fonds mondial de lutte contre le sida © AFP / PETRAS MALUKAS

Alors qu'une équipe de l'OMS est arrivée à Wuhan afin d'enquêter sur la pandémie, Michel Kazatchkine rappelle que l'on ne connait toujours pas à ce stade l'origine du virus de la Covid-19. "Nous ne savons pas si Wuhan était le vrai début de l'épidémie. En tous cas c'était le premier cluster". De la même façon, dit-il, on ignore toujours si la chauve-souris a joué le rôle d'animal réservoir du virus, et quel animal intermédiaire a pu transmettre la maladie à l'homme. Il rappelle également que d'après certaines données, des anticorps anticovid ou leur ressemblant étaient présents dans le plasma de patients de certaines villes européennes en octobre-novembre 2019.

Comment vont travailler les experts de l'OMS en Chine? "Ils vont rechercher des échantillons de plasma, de sang de malade, qui ont pu être congelés, pour voir s'il y avait des traces du coronavirus avant. C'est une enquête qui va prendre beaucoup de temps", prévient le médecin.

Pour Michel Kazatchkine, le caractère meurtrier de l'épidémie de Covid vient "de l'extrême rapidité avec laquelle elle se répand". "Les variants sont particulièrement transmissibles et contagieux. On a des craintes sur le virus sudafricain : en Afrique, la population est très jeune et élabore une réponse immunitaire très vigoureuse contre le virus."

"Cette réponse immunitaire risque de faire naitre des mutants très résistants. Les variants vont devenir le défi scientifique des prochaines semaines". 

Les invités
  • Michel KazatchkineProfesseur à l'Université Pierre et Marie Curie et directeur de l'Agence nationale de recherche sur le sida
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