Les mesures restrictives liées à la lutte contre le covid 19 sont-elles encore efficaces? Il y a-t-il un ras-le-bol des Francais? Dr Hélène Rossinot, médecin spécialiste en santé publique, est l'invitée de 6h20.

Encore quelques semaines avant la fin du couvre-feu
Encore quelques semaines avant la fin du couvre-feu © AFP / Frederick FLORIN / AFP

Le couvre-feu à 23h a-t-il encore un sens ? Il doit normalement définitivement disparaître le 30 juin, mais on a vu ce week-end la difficulté parfois pour les forces de l’ordre de le faire respecter, et l’exécutif a même accordé une dérogation pour le public de Roland-Garros. 

Hélène Rossinot est médecin de santé publique à Nancy, et elle juge la mesure dépassé : "On voit que les gens en ont assez, ça pousse les gens à finir leur soirées en intérieur, ce qui est contre-productif : souvent ces soirées ne se terminent pas avec le couvre feu, elles migrent à l'intérieur ; je ne pense pas que ce soir la mesure qui soit la plus utile : 

Le couvre-feu à 23h, c'est un palier théorique, je ne suis pas sure que ce soit un vrai symbole :  c'est plus un moyen de dire que ce n'est pas terminé, de rappeler qu'il faut faire attention 

Porter le masque en extérieur : "Ça n'a aucun sens, mais il est important dans les lieux clos", rappelle cette médecin : "Le Covid, il faut l'imaginer comme un nuage de fumée de cigarettes : en extérieur, dans un parc, vous ne sentez la fumée que si vous êtes très proche, contrairement au fait d'être à l'intérieur. Le masque en intérieur, avec l'aération ,c'est très important, en extérieur, ça n'a pas beaucoup de sens" explique-t-elle, en rajoutant qu'il reste cohérent de le porter dans des lieux très fréquentés comme par exemple les marchés. 

Maintenir la deuxième dose

"Les deux doses sont très importantes, en particulier avec le variant indien, qui est en train d'arriver" insiste Hélène Rossinot . "Beaucoup décalent la deuxième dose, mais on n'est pas complètement protégé tant qu'on n'a pas passé 15 jours après la 2e dose. Sinon, on n'est qu'à 33% d'efficacité après la 1ère dose : on a un vrai risque que ceux qui sont à moitié vaccinés se fassent avoir par le variant indien (...)"Dans l'ordre, la priorité est de vacciner les 12 - 50 ans : sans autorisation parentale pour les moins de 18 ans, impossible de vacciner les plus jeunes."

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