"Le besoin est immédiat", explique Raymond Girardi, vice-président du Modef, syndicat des petits exploitants agricoles. Il juge qu'il faut "laisser venir" les travailleurs saisonniers dont "les pré-contrats sont déjà signés".

Récolte d'abricots abîmés par la grêle à Glun en Ardèche. 16 juillet 2019.
Récolte d'abricots abîmés par la grêle à Glun en Ardèche. 16 juillet 2019. © Radio France / Nathalie Rodrigues

Les champs français regorgent de fraises, de tomates et de melons… mais qui pour récolter tous ces fruits et légumes ? Les agriculteurs manquent de main d’œuvre, souligne Bonjour Raymond Girardi, vice-président du Modef, syndicat des petits exploitants agricoles. Ce producteur de noisette, à Argenton dans le Lot-et-Garonne explique qu'en temps normal, les producteurs de fruits et légumes "ont énormément besoin de travailleurs saisonniers, de février à novembre". "C'est traditionnellement compliqué parce qu'il n'y a jamais assez de main d'oeuvre pour la cueillette et le conditionnement de nos produits." 

Cette année, plus que d'habitude, la situation est compliquée depuis le mois de mars, "même si une partie des saisonniers venant d'Espagne, d'Afrique du Nord ou d'Europe centrale ont pu arriver, il en manque actuellement et c'est de plus en plus difficile." Il y a "urgence", dit-il, pour les fraises, les tomates, les salades, et rapidement les cerises, les abricots.  

"Le besoin est immédiat"

Au début du confinement, des travailleurs au chômage partiel ont pu venir prêter main forte. "Il y a eu de nombreuses propositions et beaucoup sont venus aider énormément d'exploitation", acquiesce Raymond Girardi, même si cela "a été compliqué parce que la cueillette c'est une spécialité, un fruit se cueille à maturité et il a fallu quelques jours pour apprendre ce métier un peu pénible"

Sauf que nous sommes entrés dans la plus grosse période de l'année, jusqu'au milieu de l'été. M. Girardi estime qu'il faut désormais "laisser venir pour qu'ils puissent remplir la mission qui était prévue" ces travailleurs saisonniers qui ont "envie de venir", et dont "les pré-contrats sont déjà signés".  "Je pense que ça devrait se faire rapidement, les demandes sont faites auprès du gouvernement, il faut aller très vite parce que le besoin est immédiat." 

Par ailleurs, le vice-président du Modef indique que si les gestes barrières compliquent un peu la tâche, d'une certaine façon, "les travailleurs saisonniers sont naturellement confinés". "Ils sont accueillis sur les exploitations, logés, il y a peu de contacts avec l'extérieur et la cueillette ne pose pas de problème pour le respect de la distance physique."

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