Gros plan sur les relations entre la Chine et l’Europe, au moment où se tient un sommet pour redéfinir leurs liens commerciaux. Pour en comprendre les enjeux, l’économiste Sébastien JEAN, directeur du CEPII, est l'invité de Mathilde Munos.

Lors du sommet entre la Chine et l'Europe, Bruxelles, 2019
Lors du sommet entre la Chine et l'Europe, Bruxelles, 2019 © AFP / Dursun Aydemir / ANADOLU AGENCY

C'est un accord atypique, concède Sébastien Jean, en évoquant le sommet qui se tient aujourd'hui par visio-conférence entre la Chine et l’Europe. D'un côté, le président Xi Jingping. De l'autre : Charles Michel, le président du Conseil européen, Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission et la chancelière allemande, Angela Merkel, car l’Allemagne assure actuellement la présidence tournante de l’Europe. Il s’agit ici de reprendre des négociations économiques entamées en 2013, une durée de négociations exceptionnelle : "C'est un accord atypique, par l'importance du partenaire et l'ensemble de sujets couverts par les négociations."

Objectif : trouver un accord pour "protéger les investissements sur place, sur la nature des accords de concurrence, définir les accords dans lesquels on échange" car aujourd'hui, il apparaît plus facile pour des chinois d'investir en Europe que pour les Européens d'investir en Chine, concède  Sébastien Jean, "le but c'est de rééquilibrer ça". Les montants européens en Chine sont de l'ordre de 200 milliards d'euros, avec des points de friction : "C'est une négociation vaste et très politique, pour essayer un partenariat un peu plus poussé", qui comporte malgré tout "la question des droits de l'homme sur le Ouigour, sur Hong Kong, ou la limitation d'accès aux marchés euro (le cas Huawei)".  D'après le directeur du CEPII, pour les entreprises européennes, "il est [encore] difficile d'investir en Chine et d'exporter là bas".

Les invités
L'équipe
Contact