Faut-il juger les fous ? Des sénateurs appellent à revoir la question de l'irresponsabilité pénale. Laure Heinich, avocate au Barreau de Paris est notre invitée de 6h20.

L'avocate Laure Heinich
L'avocate Laure Heinich © AFP / Stéphane de Sakutin

La cour de cassation a confirmé mercredi l'irresponsabilité pénale du meurtrier de Sarah Halimi, cette sexagénaire juive tuée en 2017 à paris. Kobili Traoré ne sera donc pas jugé. Alors que des sénateurs appellent à revoir l'irresponsabilité pénale, Laure Heinich adopte une position ferme sur le sujet : "De tous temps, on ne juge pas les fous", martèle l'avocate. "À Rome, on ne les jugeait pas. La seule période où on l'a fait, c'est au Moyen-Age. C'est de la barbarie."

Elle qualifie de "courageuse" la décision de la cour de cassation. "Un jugement, ça n'est pas satisfaire des victimes. Il faut se figurer un fou dans un box, incapable de répondre..." L'avocate rappelle que la question de la responsabilité pénale est toujours tranchée par plusieurs experts. 

"Le droit repose sur l'idée qu'on est responsable si on a eu un discernement et une volonté. Si le discernement a été aboli, la personne ne peut être responsable. S'il a été altéré, que la personne savait un peu ce qu'elle faisait, alors elle est un peu responsable mais la peine doit être réduite d'un tiers."

En cas d'irresponsabilité pénale, une audience se tient devant la chambre de l'instruction. "C'est comme un procès où on ne peut pas mettre quelqu'un en prison mais on peut l'interner d'office. C'est quand même une vraie sanction.

Laure Heinich insiste : "Le procès n'est pas le lieu de la catharsis, c'est une pierre dans le processus mais on ne peut pas toujours l'avoir. Si un acte fou a été commis par quelqu'un, la personne n'est pas en mesure de réparer. Mais la société, oui : elle répare, elle indemnise".

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