Au lendemain des nouvelles annonces de Jean Castex, Alexia Robin, étudiante en deuxième année de sciences-politiques à Montpellier, et Emmanuel Weiss, psychiatre et membre de l’association des professionnels des bureaux d’aide psychologique universitaire répondent aux questions de Mathilde Munos.

Un bâtiment dépendant de l'Université de Montpellier, ici à Béziers
Un bâtiment dépendant de l'Université de Montpellier, ici à Béziers © AFP / Pascal Guyot

"Les têtes sont tombées" jeudi soir, au moment de l'intervention de la ministre Frédérique Vidal sur la question de la reprise des cours pour les étudiants. "On attendait des réponses (...), et finalement on doit encore attendre, attendre, pour savoir où l'on va", explique Alexia Robin, étudiante à Montpellier. "Ce que l'on voit, c'est que 10 élèves par promotion de première année de licence, c'est une goutte d'eau par l'océan", explique-t-elle. Alors que les partiels ont lieu à partir de la semaine prochaine, Alexia Robin déplore le fait de ne pas avoir fait de dissertation sur table depuis janvier dernier : "On 'est pas sûrs de pouvoir répondre aux critères d'évaluation : il y a un décalage total entre la qualité du travail réalisé à domicile et les attendus de la fac". Le plus difficile, dit-elle, c'est "de voir la perspective d'avenir se déchirer seconde après seconde : quand vous vous dites que vous ne savez pas quand vous pourrez remettre les pieds à la fac, vous vous demandez pourquoi continuer".

Quand ça fait un mois et demi que vous êtes seul, à un moment, vous lâchez prise sur un plan de votre vie : si ce n'est pas les cours, ce sont les amis, si ce ne sont pas les amis, c'est la famille.

Même si "il y avait déjà alerte rouge avant l'épidémie" sur la situation psychologique des étudiants, le psychiatre Emmanuel Weiss déplore encore plus aujourd'hui "l'insuffisance des moyens de prise en charge de cette souffrance psychologique". Alors qu'Emmanuel Macron a annoncé un doublement du nombre de psychologues dans les universités, Emmanuel Weiss dit qu'il "n'y aura pas trop de mal à recruter" même s'il ne sait pas exactement comment va se faire ce recrutement. Il explique que les bureaux d'aide psychologique universitaire sont de plus en plus sollicités, et qu'ils doivent faire des listes d'attente :

"Faire attendre quelqu'un qui a une demande de soins, d'aide psychologique, c'est assez violent".

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