Bruno Cautrès, chercheur au CNRS et au Centre de recherches politiques de Sciences Po (CEVIPOF), est l'invité de Mathilde Munos.

Dans son allocution du 14 juin, Emmanuel Macron a achevé plus tôt que prévu le déconfinement
Dans son allocution du 14 juin, Emmanuel Macron a achevé plus tôt que prévu le déconfinement © AFP / Antoine Wdo / Hans Lucas

De cette nouvelle allocution présidentielle, qui a signé la réouverture des cafés et restaurant, et marqué l'accélération du déconfinement, Bruno Cautrès reconnait qu'elle a été jalonnée de la présentation de "grands principes" : "C'est le style d'une narration présidentielle : ça veut raconter une histoire. 19 minutes, 2500 mots, avec deux/ trois lignes de force : Emmanuel Macron a voulu remettre de l'ordre dans son rapport au temps présidentiel, lui qui a été tellement bousculé par les événements depuis 1 an et demi". Crise sociale, gilets jaunes, crise sanitaire : "Il s'agissait presque de refermer la parenthèse de ces difficultés, et de nous donner un cap". 

Emmanuel Macron "bâtisseur", Édouard Philippe "réparateur"

Selon le chercheur du CEVIPOF, le président a multiplié les références à une nouvelle étape, un nouveau chemin, et s'est présenté comme un bâtisseur :  "Emmanuel Macron veut être le bâtisseur , quand Édouard Philippe est le réparateur".

Depuis le début de la crise, selon Bruno Cautrès, le chef de l'état a "endossé la posture du chef de crise, du chef de l'état", mettant en avant  "la souveraineté européenne avec le drapeau du patriotisme économique, républicain, avec une dimension européenne".

Il souligne aussi, pour ceux qui reprochent au président un exercice d'autosatisfaction : "C'est un classique du discours présidentiel : c'est rarement un exercice d'autoflagellation".

La difficulté pour lui, estime le chercheur, c'est qu'il y a eu bcp d'annonces générales avec des grands principes : "Tout ceci ne se traduit pas pour le moment dans des calendriers, des mesures précises", d'où ce rendez-vous donné en juillet, après le second tour des élections municipales, avec l'un des gros enjeu : "La réélection au Havre du Premier ministre". 

Passer aux actes

Sur la réforme institutionnelle, dossier bloqué pour le moment, Bruno Cautrès rappelle que "dès le début de son mandat, Macron avait donné le cap d'un renouveau démocratique. Il sait qu'il a un enjeu très important, va falloir qu'il passe aux actes", d'où ce cap sur la décentralisation, qui précède sans doute des propositions en matière de système (hôpitaux, universités).

Sur la jeunesse, citée par le président lors de son allocution : "Ça correspond à l'actualité du moment. Tout chef du gouvernement a comme souci l'intégration sociale et politique de la jeunesse et on sait que la fracture avec la jeunesse est importante en France. On attend qu'elle s'engage en politique mais elle, elle attend aussi que le système économique s'engage pour elle". Emmanuel Macron devra ici "passer des belles paroles aux actes".

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