Henri Scepi, professeur en littérature française – spécialiste du XIXe à la Sorbonne nouvelle et grand connaisseur de Victor Hugo.

Vue des toits de Notre-Dame de Paris, le 11 avril 2019
Vue des toits de Notre-Dame de Paris, le 11 avril 2019 © Radio France / Rémi Brancato

Pour ce connaisseur de l’œuvre de l'écrivain français, ce dernier a largement participé à la popularité du monument frappé par un terrible incendie ce lundi 15 avril. "Il a contribué à donner à ce bâtiment un rayonnement, un relief, une profondeur qui outrepassent largement la dimension architecturale ou religieuse", explique Henri Scepi. "Comme il le dit lui-même dans la préface, il a élevé cette édifice à la hauteur de l’œuvre du poète, c'est-à-dire à la fois la vision de l'historien et le système de l'artiste. Le livre devient d'une certaine façon le point d'appui de l'imaginaire collectif des Parisiens et des Français"

Car Victor Hugo était un grand amateur de la cathédrale : "c'est un endroit qu'il aimait, évidemment l'île de la Cité était un lieu qu'il connaissait bien, c'était le vieux Paris, une époque où le romantisme de 1830 était porté par cette vague de faveurs pour la fin du Moyen-Âge et le gothique."

Militant pour la préservation de la cathédrale

Mais il y avait aussi un aspect militant pour la conservation du monument dans le texte d'Hugo : "Le roman est aussi écrit dans le but de préserver ce patrimoine à l'heure où des campagnes prétendument de restauration visaient au contraire à défigurer des édifices de la capitale, y compris Notre-Dame. On peut dire qu'il a aidé à la préserver. Le roman, bien qu'il mette en scène des épisodes guerriers, de destruction, est un livre qui essaie de démontrer qu'il y a nécessité à travers l'Histoire à préserver cet édifice, à le conserver tel qu'il est, sans en modifier la morphologie et l'aspect."

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  • Henri ScepiProfesseur de littérature française à l’université Sorbonne Nouvelle
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