Benoît Serre est le vice-président de l’Association nationale des directeurs des ressources humaines (ANDRH).

 "Beaucoup d'entreprises sont peut-être en train de se dire qu'une part de télétravail permet quand même de fonctionner", estime Benoit Serre.
"Beaucoup d'entreprises sont peut-être en train de se dire qu'une part de télétravail permet quand même de fonctionner", estime Benoit Serre. © Getty / Westend61

Au onzième jour de grève contre la réforme des retraites, les entreprises entrent dans une période "compliquée", observe Benoît Serre. "Au début, les gens s'arrangent, avec du télétravail, des changements d'horaires, une forme de tolérance. Mais au bout d'un moment, votre entreprise a des règles du jeu, des équipes, des projets..." 

Par ailleurs, chez les salariés, la fatigue commence à se faire sentir. "Ils se lèvent plus tôt, rentrent plus tard, ont souvent des conditions de transport épouvantables... La perspective de vacances de Noël compliquées ne rajoute pas au moral des gens", constate le vice-président de l'Association nationale des directeurs des ressources humaines.

Dans ce contexte, le rôle des DRH est d'essayer de faire tourner l'entreprise, en temporisant, en réorganisant le travail, en acceptant des jours de RTT non prévus, explique-t-il. "Certaines entreprises sont en ce moment absolument inaccessibles et organisent par conséquent des trajets en bus ou, pour quelques unes, réservent des chambres d'hôtel pour leurs collaborateurs".

Télétravail

Selon Benoît Serre, les ajustements rendus nécessaires par ce mouvement social peuvent accélérer la réflexion sur les modes de travail. "À moyen terme, beaucoup d'entreprises sont peut-être en train de se dire qu'une part de télétravail permet quand même de fonctionner. Peut-être que cette grève, si elle dure longtemps, va permettre de faire évoluer plus rapidement les modes de travail". Il note néanmoins que le télétravail ne fonctionne pas pour tous les métiers, à l'image de ceux des commerçants, des restaurateurs et des livreurs, par exemple. 

Interrogé sur la réforme des retraites, Benoît Serres estime que "le projet universel avec des adaptations nécessaires qui semblait mettre tout le monde d'accord est devenu tellement compliqué, tellement flou, que plus personne ne s'y retrouve vraiment". Il appelle à trouver une façon simple de prendre en charge la pénibilité des métiers. 

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