Huit ans après le début de l'opération Barkhane, quel bilan de la présence française dans le Sahel ? Le Général Bruno Clément-Bollée, expert des questions de sécurité en Afrique et notamment dans cette région, est l'invité de Mathilde Munos.

opération Barkhane
opération Barkhane © AFP / Frédéric Pétry / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Comment sortir du bourbier malien dans lequel se trouve l’armée française ? Déjà 8 ans de présence au Sahel et maintenant : doit-elle réduire la voilure ? Paris s’interroge alors qu’un sommet s’est ouvert hier entre les pays de la région et la France. Emmanuel Macron doit prendre la parole ce mardi 16 février pour évoquer un réajustement des effectifs, ou peut-être même le début d’un désengagement de la France.

Faut-il envisager un terme à cette mission ? Le général Bruno Clément-Bollée, expert des questions de sécurité en Afrique, estime que le  président est face à une question délicate : "On est pris dans une infernale équation, on ne peut pas partir sans que la mission soit achevée, nous faisons partie d'une coalition à laquelle on doit rendre des comptes, mais rester indéfiniment n'aurait pas de sens". 

Le poids de l'opinion publique

"Rester alors que l'opinion publique est défavorable, ça n'a pas de sens", reconnait-il tandis qu'il prévoit que l'engagement pèsera aussi dans le débat de la présidentielle. Le doute s’installe dans l’opinion publique : actuellement plus d’un Français sur 2 est opposé au maintien de cette force française dans le Sahel. Sur le terrain, l’armée française engrange tout de même des succès : 150 djihadistes tués, l’an dernier, mais dans le même temps, les exécutions et les raids sur des villages se poursuivent, et pas un jour ne passe sans une attaque. "La France porte un poids considérable dans cet engagement mais une vraie relève est en train de se former" poursuit le général. La dernière opération "Éclipse", menée à l'automne 2020, comptait seulement 45% de Français, mais "l'objectif de Barkhane, c'est 35% de participation française contre 65% de participation locale". 

L'état absent de ces régions 

Le problème reste le "vide total d'état sur place": "Les locaux qui continue à vivre composent avec celui qui est présent, et ce sont les djihadistes" juge l'expert des questions de sécurité africaines qui estime que dans beaucoup de régions au Mali ils sont "plus présents que les forces locales". Le général cite ainsi le film "Timbuktu" (du réalisateur Abderrahmane Sissako)  qui montrait que cette paix djihadiste était imposée à la population locale : "Il ne faut pas penser que les locaux souhaitent la paix djihadistes". 

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