La FNSEA organise le 18 mai un sommet sur la souveraineté alimentaire : Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, est notre invitée de 6h20.

La présidente de la FNSEA, Christiane Lambert
La présidente de la FNSEA, Christiane Lambert © Radio France / Nicolas Mathias

Il n’y a pas eu de salon de l’agriculture cet hiver à Paris, remplacé par une semaine de l’agriculture qui s’achève demain mardi 18 mai, avec un grand colloque auquel doit participer le président Macron. A cette occasion, France Inter propose une journée spéciale sur les innovations et les défis qui se posent au monde agricole.

"C'est important d'expliquer l'évolution du secteur agricole en ces temps de crise", explique Christiane Lambert, présidente de la FNSEA qui estime que la souveraineté alimentaire de la France reste un thème majeur

"La France importe de plus en plus son alimentation : 60 % des fruits et 40% des légumes consommés en France sont importés" 

Elle rappelle que la France a perdu 14% de surface cultivés en légumes : "L'agriculture, présentée comme une pépite, voit ses performances se dégrader alors que les Français plébiscitent l'alimentation de proximité. Par exemple, nous importons 2/3 des fraises mangées chez nous. 75% de l'alimentation est achetée en grande distribution, les circuits courts en temps normal, représentent moins de 20 % de l'alimentation des Français", même si d'autres habitudes ont vu le jour lors du confinement de l'année dernière. 

Responsabilité de la restauration collective

"La commande publique a un rôle a jouer" estime Christiane Lambert, "c'est 8% du PIB, quand on recherche les produits les moins chers pour les hôpitaux, les cantines, les prisons, ce sont plutôt les produits étrangers qui se retrouvent dans les assiettes, ça nuit à notre possibilité de garder des emplois en France". 

On importe aussi notamment beaucoup de jambon, mais on exporte beaucoup de pièces de boeuf vers la Chine par exemple : "Au total, on importe beaucoup de viande, on dépend de pays où les produits sont beaucoup moins chers, venus de pays où la main d'oeuvre est moins chère : Ukraine, ou pays du Sud. On ne peut pas imposer du haut de gamme ici, et importer du bas de gamme tous les matins". 

"Nous voulons ré-agriculturiser la France"

Le vieillissement de la profession est aussi un problème : "C'est un enjeu majeur, dans les 10 ans qui viennent, près de 30% des agriculteurs vont prendre leur retraite. Des jeunes veulent s'installer, il en faut en nombre et il faut les accompagner pour s'installer". 

Les invités
  • Christiane LambertPrésidente de la FNSEA (Fédération Nationale des Syndicats d'Exploitants Agricoles)
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