Le mouvement des "gilets jaunes" fête son deuxième anniversaire ce mardi 17 novembre. Emmanuelle Reungoat, maitresse de conférences en science politique à l'université de Montpellier, répond aux questions de Mathilde Munos.

Manifestation de "gilets jaunes" le 1er décembre 2018, près des Tuileries à Paris
Manifestation de "gilets jaunes" le 1er décembre 2018, près des Tuileries à Paris © AFP / Julien Helaine / Hans Lucas

"Le mouvement n'est pas mort, sur le rond-point où je suis, il y a encore du monde" explique Emmanuelle Reungoat, qui rappelle que l'un des effets du mouvements, c'est d'avoir "développé des réseaux qui peuvent se mobiliser sur d'autres luttes".

Ce qui est certain, c'est que les motifs de mobilisation n'ont pas disparu, comme le pouvoir d'achat. Une grande partie d'entre eux va être impactée par la crise, les raisons de se mobiliser ne vont pas manquer.

La chercheuse rappelle l'exceptionnelle longévité de cette contestation : "Le mouvement est particulièrement long, il s'est défait pour plusieurs raisons, d'abord l'essoufflement, un coût professionnel et personnel, ensuite une répression très forte par la police et la justice et puis les deux derniers confinements ont rendu plus difficile les mouvements de protestation".

"Identité civique positive"

Pour cette chercheuse en sciences politiques, l'héritage des "gilets jaunes" réside aussi dans le rapport à la citoyenneté développé par les participants au mouvement : "Ceux qui restent estiment qu'ils n'ont pas eu grand chose, notamment l'amélioration du niveau de vie, mais pour une partie d'entre eux, leur vie a changé, pour certains ils ont retrouvé une identité civique très positive."

Et ils ne sont pas très éloignés des aspirations globales de la société : "Les gilets jaunes sont pas du tout anti-écolos, ils sont très proches du reste de la population là-dessus, par exemple, ils sont obligés de prendre leur voiture pour certains, mais ne refuseraient pas de la laisser s'il y avait des aides gouvernementales". 

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