Une universitaire entend changer le regard des ados en décryptant la place de la femme au cinéma : Iris Brey autrice de "Sous nos yeux" (éditions La ville brûle) est notre invitée de 6h20.

Les nouvelles générations se tournent davantage vers les séries américaines
Les nouvelles générations se tournent davantage vers les séries américaines © AFP / Solène Artaud / Hans Lucas

C’est peut-être l’une des activités favorites de vos adolescents pendant ces vacances : regarder des films ou des séries : ces images dans lesquelles nous baignons, que nous apprennent-elles sur les questions de genre ou de sexualité ? Quel message véhiculent-elles sur la place des hommes et surtout des femmes ?  C’est le propos d’un livre paru il y a quelques jours et qui s’appelle "Sous nos yeux. Petit manifeste pour une révolution du regard ", écrit par l’autrice et critique de cinéma Iris Brey, et qui décrypte comment les femmes sont représentées à l’écran, dans les films et les séries. Son livre se présente comme un manifeste à destination des adolescents, pour les aider à prendre conscience des stéréotypes de genre.

Écriture des personnages, choix de mise en scène, façon dont le corps des femmes est filmé, rôle des femmes dans un film… Aujourd’hui encore, hommes et femmes ne jouent pas vraiment dans la même catégorie à l’écran : "On a encore beaucoup de marge pour arriver à une certaine parité, voire une égalité dans les questions de genre. Je ne pense pas que tout est à revoir, mais je voulais proposer une autre histoire du cinéma et créer un imaginaire où le désir peut éclore en dehors de la domination, il y a d'autres représentations que celle majoritaires".

Le plaisir féminin, grand absent des séries

Iris Brey note qu’on ne voit pas d’orgasme féminin dans les films ou les séries, alors qu'on voit en revanche beaucoup d’orgasmes masculins à l’écran. L'autrice a ainsi fait un top 10 des scènes de masturbation féminine: "Les scènes de sexe se terminent souvent au moment de l'orgasme masculin", analyse-t-elle, "mais il y a bien d'autres manières d'envisager le plaisir que celle qui montre une scène de pénétration et d'éjaculation".

Elle déplore aussi, dans ces fictions, la présence de beaucoup de viols écrits pour pimenter les intrigues, mais "jamais représentés du point de vue de la personne violée" : "Même érotisée, cela reste un scène de viol", explique celle qui veut donner les codes aux jeunes spectateurs. Et de citer le succès planétaire de Games of Thrones, dans laquelle les scénaristes ont pourtant "rajouté" les principaux viols, qui ne sont pas présents dans le livre : "L'excuse de l'adaptation ne tient pas la route. Je voulais montrer aux ados l'omniprésence des violences faites aux femmes, mais aussi le fait que 4 scénarios sur 75 sont écrits par une femme, ou 4 films sur 75 réalisés par une femme, ça participe au problème de cette série".

Malgré tout, les séries américaines ont de l'avance : "Les minorités ont accès à la réalisation de certaines d'entre elle, le point de vue n'est plus celui qui est dominant. En France on a encore beaucoup de retard."

Les ados sont plus autonomes et indépendants, ils ont plus accès au streaming ou à la pornographie, c'est important pour cette génération d'être éduquée à l'image, ils ont beaucoup d'avance, donc il faut les accompagner.

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