Ben Barbaud, fondateur du Hellfest interpelle Roselyne Bachelot et dénonce "l'insupportable attente" : il veut savoir si son festival de musique métal pourra avoir lieu en juin car les préparatifs sont déjà lancés et la facture s'alourdit de jour en jour. Il est l'invité de Mathilde Munos.

Hellfest festival, Clisson, 2019
Hellfest festival, Clisson, 2019 © AFP / Sebastien SALOM-GOMIS

Le Hellfest est l’un des festivals les plus connus et les plus fréquentés de France : c’est même le plus grand festival de métal et de hard-rock d’Europe, qui attire en moyenne 180.000 personnes, chaque année, à Clisson, en Loire-Atlantique. Il a été annulé, l’an dernier, à cause de l’épidémie de Covid..
Qu’en sera-t-il cette année ? C’est ce qu'à voulu savoir Ben Barbaud, fondateur de ce rendez-vous qui doit se tenir du 18 au 20 juin, en écrivant à Roselyne Bachelot, mais ni elle ni ses services n'ont encore répondu : "On se faisait guère d'illusion, la problématique, c'est que des réponses, elle n'en a pas beaucoup à nous en donner".

Ça nécessite une préparation de plusieurs mois à l'avance  et "plus ça approche, plus les risques financiers que l'on prend sont importants. C'est maintenant que nous, organisateurs, devons prendre nos décisions"

"On a réussi jusqu'en décembre à profiter des mesures du gouvernement : aujourd'hui, c'est le Hellfest qui accuse le plus important budget d'organisation, avec plus de 25 millions d'euros, et depuis la rentrée nous avons pris le risque de recommencer à 100% l'organisation du festival, mais nous nous coupons des aides du gouvernement".

Le risque d'une deuxième année blanche

Aujourd'hui, ce sont 250 000 euros par mois qui sont injectés à partir du mois de janvier : "On voudrait que le gouvernement puisse se positionner sur la question des festivals le plus vite". 

"Les assurances sont aux abonnés absents depuis le début de cette crise" assure par ailleurs le patron du Hellfest, qui explique: "Le reste de l'année, on ne fait que ça. Notre rôle c'est de monter une ville qui va accueillir 18 000 personnes pendant 3-4 jours, tout ça dans une toute petite commune qui n'a pas les infrastructures, plus de 4000 bénévoles, des milliers d'intermittents, des centaines d'artistes..."

"C'est la billetterie qui nous permet d'exister, en tant qu'indépendant", poursuit l'organisateur, et tout l'argent dépensé "ne sera couvert par rien du tout", c'est de la perte sèche, et ils risquent une deuxième année blanche : 

"Quelle structure aujourd'hui peut faire face à deux années blanches?"

"Je suis un peu pessimiste au regard de la situation, d'autant que dans un festival de hard rock, ça va être difficile de faire respecter les gestes barrière" dit Ben Barbaud qui voudrait imaginer la tenue prochaine du festival, "en plein air, en plein été, après la campagne de vaccination, pourquoi pas avec un test PCR? J'aimerais juste qu'on puisse en débattre avec le gouvernement". 

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