Danièle Langloys, présidente de l'association Autisme France, est l'invitée de Mathilde Munos.

Dans un collège spécialisé pour enfants autistes, à Aulnay-sous-Bois
Dans un collège spécialisé pour enfants autistes, à Aulnay-sous-Bois © AFP / Christophe ARCHAMBAULT / AFP

"Nous avons été très contents que les enfants en situation de handicap aient été prioritaires pour la reprise, mais sur le terrain, ça n'a pas toujours été constaté" explique la présidente de l'association Autisme France,"en particulier pour les enfants autistes qui, visiblement, font un peu plus peur que les autres" : "Des familles, au téléphone se sont fait dire que ce n'était pas une priorité de remettre leurs enfants à l'école, que ces derniers n'étaient pas capable de comprendre les mesures barrières, ce qui est faux, encore faut-il prendre la peine de le leur expliquer."

Pour cette reprise, "les familles sortent de deux mois de confinement épuisées, mais se sont retrouvées toutes seules" poursuit-elle, pour expliquer cette reprise à reculons de certains établissements : "On a eu un texte officiel de l'Académie de Caen, sinon des pressions indirectes au téléphone des directeurs d'établissements. C'est vrai que la rentrée est déjà compliquée pour d'autres enfants, pour des enfants autistes ça l'est aussi, il faut le reconnaître, notamment avec l'absence des accompagnants."

Sur les cours à distance : "On se demande comment l'enseignant va être à la fois dans sa classe et à distance et puis ça n'est pas forcément adapté pour les enfants autistes ; beaucoup d'accompagnants à la scolarisation n'ont pas donné signe de vie pendant le confinement, les familles se sont retrouvées aussi très seules sur le plan pédagogique".

"Beaucoup de personnes autistes ont du mal avec les actions sociales, donc certains se sont donc bien accommodées du confinement, mais d'autres ont besoin de sortir régulièrement, et se sont mal adaptées au confinement." 

C'est là qu'on s'est rendu compte que l'aide humaine est indispensable : des enfants ont régressé et les familles sont au bout du rouleau.

Danièle Langloys souligne tout de même l'un des aspects, positif, de cette crise : "Un partenariat renouvelé entre les familles et les professionnels qu'ils ont su réinventer, chacun comptant sur son savoir sans trop regarder comment ça fonctionnait à l'extérieur".

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