Une semaine après l'annonce de la fermeture des théâtres et salles de concerts, dans quelle situation se trouvent les artistes, les producteurs, les exploitants de salles ? Avec Bertrand Thamin, président du Syndicat National des Théâtres Privés, et Jean-Noël Tronc, Directeur Général de la Sacem.

Gros plan sur la façade principale de l'Opéra Bastille, situé Place de la Bastille dans le 12ème arrondissement de Paris. Place de la Bastille, 12ème arrondissement, Paris. Juin 2008.
Gros plan sur la façade principale de l'Opéra Bastille, situé Place de la Bastille dans le 12ème arrondissement de Paris. Place de la Bastille, 12ème arrondissement, Paris. Juin 2008. © Radio France / Catherine Grain

"Aujourd'hui, on fête le premier anniversaire de la fermeture, l'ensemble des théâtres font relâche", rappelle Bertrand Thamin, directeur du Théâtre Montparnasse. Même s'il explique que "le théâtre est une activité résiliante, il n'y a pas de faillite au bout d'une semaine", il indique que "les problèmes vont se poser quand le confinement va durer" et appelle les spectateurs à "privilégier le report plutôt que des remboursements de places" et se projette dans la reprise : 

"Dans trois, quatre, cinq, six semaines, les théâtres vont rouvrir, et on aura besoin de ces spectateurs et de ce lien privilégié avec eux".

Il espère ainsi que le confinement ne durera pas plus de six semaines, même s'il y a par exemple des inquiétudes pour le Festival d'Avignon. 

Côté musique, Jean-Noël Tronc, directeur général de la Sacem, estime que la situation est encore pire : "Les théâtres ne vont pas dans l'immédiat faire faillite. En revanche, dans la musique, beaucoup d'acteurs sont des TPE, comme les éditeurs de musique, partenaires des auteurs, qui sont des structures extrêmement fragiles, pour lesquelles nous demandons que le crédit d'impôt aux entreprises de la musique puisse enfin être ouvert ainsi que l'accès au fonds de secours". Il appelle à la solidarité envers les auteurs, dont les droits d'auteurs vont être impactés dans la durée, au moins jusqu'à l'année prochaine : "Il faut que le dispositif d'indemnisation puisse être adapté", car les auteurs ne sont pas des salariés.

 "On estime l'ampleur des pertes, sur deux mois d'arrêt total du secteur de la musique, à 10% des revenus de la filière, c'est-à-dire 800 millions d'euros", dit-il, alors que pour l'heure dans l'enveloppe de 22 millions d'euros allouée par l'Etat, il y a 10 millions d'euros d'aides prévues pour le milieu de la musique. "Cet argent doit nous servir dans un premier temps à payer nos charges fixes", précise Bertrand Thamin : de son côté, pour le théâtre, il y aura 5 millions d'euros d'aides. 

Que prennent en charge les assurances ? "Il y avait évidemment dans les contrats d'assurance de nombreuses exclusions, notamment pour un certain nombre de coronavirus, évidemment celui-ci n'était pas connu donc il n'est pas spécifié, mais il y a de grands doutes sur la volonté des assurances de nous indemniser", déplore Bertrand Thamin. 

Pour les intermittents, la période de confinement sera exclue du calcul des droits, mais "le vrai problème, c'est de quelle façon on va relancer l'activité : il va falloir repartir et ce ne sera pas très facile", dit le directeur du théâtre Montparnasse.

L'équipe
Contact
Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.