La Seine-Saint-Denis est l'un des départements les plus touchés de France par le virus Covid-19, c'est aussi l'un des plus pauvres. Stéphane Troussel, président socialiste du département de Seine-Saint-Denis est l'invité du 5/7.

Stéphane Troussel au Bourget en mars 2018
Stéphane Troussel au Bourget en mars 2018 © AFP / PHILIPPE MILLEREAU / DPPI Media / DPPI

La situation est-elle aussi catastrophique qu'on le dit en Seine-Saint-Denis ? "Ce qui est sûr, c'est que cette crise sanitaire est venue une nouvelle fois jeter une lumière crue sur les inégalités sociales et territoriales", confirme le président du département. "Bien sûr, il y a l'aspect sanitaire, accès aux soins, mais aussi la précarité alimentaire. C'est difficile pour nombre d'habitants, et on est parfois dans des situations très compliquées."

Des petits boulots à l'arrêt

"Dans un département jeune et populaire comme la Seine-Saint-Denis, il y a des salariés qui ont des status reconnus mais aussi d'autres qui ont de tout petits jobs, un boulot précaire à côté de leurs études, des familles qui vendent des produits sur des marchés", rappelle Stéphane Troussel. "Tous ces boulots sont totalement à l'arrêt aujourd'hui. Et il y a aussi des familles nombreuses, avec des enfants qui prennent un repas par jour dans les cantines de leur établissement, où il y a des tarifs très bas. Tout ça est à l'arrêt, et ça rend la vie très difficile au quotidien."

Quelles réponses pour faire face ? "Par exemple, dès la mise en place du confinement, j'ai déstocké tout ce qui existait dans les crèches et établissements de Seine-Saint-Denis : couches, lait infantile, stocks alimentaires..." Il a également rouvert la cuisine centrale d'un collège pour livrer des repas aux associations caritatives : "On est passé en quelques jours de 1.500 à plus de 4.500 repas, compte tenu des demandes."

Inquiétudes sur la reprise économique... et scolaire

Mais toutes ces mesures "ne suffiront pas avec un confinement qui dure", selon l'élu de Seine-Saint-Denis. "Et même au lendemain du confinement : on annonce une récession de -8% dans le pays, ça va produire des effets encore plus négatifs dans un département comme le nôtre."

Il demande donc "que l'aide sociale exceptionnelle décidée par le gouvernement soit pérennisée, au-delà du confinement puisque l'activité économique ne va pas reprendre immédiatement". Et il faudra aussi selon Stéphane Troussel assurer une continuité "sur tous les aspects : sanitaire, social et éducatif. Parce que dans ce département, l'école à la maison, ce n'est pas l'école. S'il n'y a pas au lendemain de cette crise un accompagnement éducatif puissant, je crains le décrochage scolaire. Il faudra un plan massif de soutien."

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