Elisabeth Byrs, porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM), est l’invitée de Mathilde Munos. Elle explique en quoi la pandémie actuelle augmenter le risque de famine dans le monde.

Elisabeth Byrs
Elisabeth Byrs © AFP / FATIH EREL / ANADOLU AGENCY / ANADOLU AGENCY VIA AFP

"La pandémie peut s'ajouter comme une couche supplémentaire à la situation dans laquelle sont 135 millions de personnes dans 55 pays", explique Elisabeth Byrs. "Leur nombre pourrait doubler : on aurait des difficultés à leur apporter l'aide dont ils ont besoin. Et ça, si le Programme alimentaire mondial ne peut pas le faire, pour des raisons liées à cette pandémie, ce serait un drame : 300.000 personnes pourraient mourir de faim chaque jour dans les trois prochains mois."

Quelles sont les causes de cette menace ? "Ce sont les fermetures généralisées, la récession économique, la perte de revenus pour les travailleurs les plus pauvres... On a également l'effondrement du prix du pétrole, qui peut dans un petit pays comme le Sud-Soudan avoir un impact terrible. Il y a également les bailleurs de fonds qui financent les organisations de l'ONU et les ONG, qui pourraient justement voir leur budget diminuer."

Trois mois de nourriture nécessaires

"Nous sommes très inquiets pour l'Afrique", précise la porte-parole du PAM, "particulièrement dix pays, comme la République Démocratique du Congo, l'Éthiopie, le Sud-Soudant. C'est 88 millions de personnes qui sont concentrées dans dix pays en crise. Des pays, justement, où se superpose un conflit ou une situation d'insécurité, auquel la pandémie pourraient ajouter une couche supplémentaire."

Au niveau des stocks disponibles pour une aide humanitaire, la situation est inquiétante. "Pour les produits alimentaires de base, actuellement, nous n'avons pas de problème majeur mais la situation évolue au jour le jour", assure Elisabeth Byrs. "Il nous faut prévoir, pour chaque pays concerné, trois mois d'aide alimentaire, trois mois de nourriture, et ne jamais interrompre cette chaîne. C'est pour ça que nous avons lancé un appel à la communauté internationale pour pouvoir avoir ces trois mois constamment prépositionnés dans les pays qui sont au bord de la famine."

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